Logement social : construction gelée et liste d'attente qui s'allonge
Plus de 50 000 ménages sont sur la liste d'attente du logement social bruxellois, et le gel des nouveaux programmes de construction accentue la pénurie de logements accessibles.
Mécanismes gelés
Nouveau programme de construction de logements sociaux
Les nouveaux projets de construction de logements sociaux au-delà de ceux déjà engagés sont gelés. La SLRB ne peut lancer de nouveaux appels à projets ni approuver de nouveaux programmes de construction.
Mise à jour de la réglementation locative
Les adaptations prévues du cadre locatif bruxellois (grille indicative des loyers, encadrement des loyers) ne peuvent être adoptées.
Plan d'investissement SLRB/BGHM
Le plan pluriannuel d'investissement de la SLRB/BGHM pour la rénovation et la construction de logements sociaux ne peut être renouvelé ni étendu.
Contrats de rénovation urbaine
Les nouveaux contrats de rénovation urbaine, qui intègrent la construction de logements accessibles dans les quartiers en difficulté, ne peuvent être lancés.
Ce qui continue
Gestion du parc de logements sociaux existant
Les 16 SISP (sociétés immobilières de service public) continuent de gérer le parc de logements sociaux existant : attribution des logements, entretien courant, perception des loyers.
Contrats de bail en cours
Les contrats de bail existants, tant dans le logement social que dans le secteur privé, restent pleinement en vigueur conformément à la législation régionale.
Indicateurs d'impact
50 000+
Ménages sur la liste d'attente du logement social
SLRB/BGHM
~40 000
Logements sociaux en Région bruxelloise
SLRB/BGHM
~7,3%
Part du logement social dans le parc locatif bruxellois
SLRB/BGHM
Le logement, première préoccupation des Bruxellois
Le logement constitue la préoccupation principale des habitants de la Région de Bruxelles-Capitale. Avec des loyers parmi les plus élevés de Belgique et un parc de logements sociaux structurellement insuffisant, la crise du logement bruxelloise est un défi de longue date que la crise politique actuelle aggrave.
Le secteur dépend de plusieurs mécanismes régionaux : les programmes de construction de logements sociaux portés par la SLRB/BGHM, la réglementation locative, le plan d'investissement pour la rénovation du parc social existant, et les contrats de rénovation urbaine qui intègrent du logement accessible.
Depuis le 9 juin 2024, le gouvernement régional en affaires courantes ne peut plus prendre de nouvelles décisions structurantes pour le logement.
Construction de logements sociaux : l'offre stagne
Le mécanisme
La SLRB/BGHM (Société du Logement de la Région de Bruxelles-Capitale) coordonne la politique de logement social régional. Elle supervise les 16 SISP (sociétés immobilières de service public) qui gèrent environ 40 000 logements sociaux. Les nouveaux programmes de construction sont décidés et financés au niveau régional.
Ce qui est bloqué
Avec plus de 50 000 ménages inscrits sur la liste d'attente du logement social, le besoin de construction est massif. En affaires courantes :
- Pas de nouveaux programmes de construction de logements sociaux
- Pas de nouveaux terrains identifiés ou acquis pour la construction
- Pas de partenariats public-privé pour des projets de logement mixte
- Pas de révision des critères d'attribution pour répondre aux situations d'urgence
Les projets déjà engagés avant juin 2024 se poursuivent, mais le pipeline de nouveaux projets est vide.
Source : SLRB/BGHM, rapport annuel 2024 ; statistiques de la liste d'attente, 2025.
Réglementation locative : le statu quo
L'enjeu
Bruxelles est la seule Région belge où la question de l'encadrement des loyers a été politiquement discutée. La grille indicative des loyers, outil de référence non contraignant, devait être renforcée. Le cadre locatif bruxellois nécessitait également des adaptations pour protéger les locataires face à la hausse des loyers.
Ce qui est suspendu
- Pas de renforcement de la grille indicative des loyers
- Pas d'introduction d'un mécanisme d'encadrement contraignant des loyers
- Pas d'adaptation de la législation sur les baux de résidence principale
- Pas de nouvelles mesures de protection contre les expulsions abusives
Le cadre locatif reste celui en vigueur avant juin 2024, sans adaptation aux évolutions du marché.
Source : Observatoire des loyers, rapport 2024 ; Syndicat des Locataires, analyses 2025.
Plan d'investissement SLRB/BGHM : la rénovation au ralenti
Le contexte
Le parc de logements sociaux bruxellois est vieillissant. De nombreux logements nécessitent des travaux de rénovation importants : isolation thermique, mise aux normes de sécurité, remplacement d'installations techniques. Le plan pluriannuel d'investissement de la SLRB/BGHM prévoyait un programme ambitieux de rénovation.
Les conséquences
- Le plan d'investissement ne peut être renouvelé ni étendu
- Les budgets de rénovation sont limités aux enveloppes déjà approuvées
- Les travaux d'urgence sont maintenus, mais les rénovations lourdes sont reportées
- La performance énergétique du parc social stagne alors que les coûts énergétiques augmentent
Les locataires de logements sociaux subissent les conséquences directes de ce gel : logements mal isolés, factures énergétiques élevées, problèmes d'humidité persistants.
Source : SLRB/BGHM, plan d'investissement 2020-2024 (échu) ; rapports des SISP, 2024.
Contrats de rénovation urbaine : les quartiers oubliés
Les contrats de rénovation urbaine constituent un outil essentiel de la politique de la ville bruxelloise. Ils permettent de revitaliser des quartiers en difficulté en combinant construction de logements accessibles, rénovation d'espaces publics et création d'équipements collectifs. En affaires courantes :
- Pas de nouveaux contrats de rénovation urbaine
- Pas de financement de nouveaux projets de logement dans les quartiers ciblés
- Pas de coordination renforcée entre les niveaux régional et communal
- Pas de réponse structurelle aux enjeux de gentrification et de mixité sociale
Source : Perspective.brussels, bilan des contrats de rénovation urbaine, 2024.
Ce qui continue de fonctionner
Gestion du parc existant
Les 16 SISP continuent de gérer les quelque 40 000 logements sociaux existants. L'attribution des logements vacants, l'entretien courant et la perception des loyers se poursuivent normalement.
Contrats de bail
Les contrats de bail existants, tant dans le logement social que dans le secteur privé, restent pleinement en vigueur. Les droits et obligations des locataires et des propriétaires ne sont pas affectés par les affaires courantes.
Aide au logement
Les allocations de logement (allocation-loyer) déjà accordées continuent d'être versées dans les limites des budgets existants.
Impact sur le terrain
Le gel des mécanismes régionaux a des conséquences directes et humaines :
- Liste d'attente en croissance : les 50 000+ ménages en attente voient leur perspective de logement s'éloigner
- Mal-logement persistant : sans rénovation du parc social, les conditions de vie ne s'améliorent pas
- Précarité locative : sans adaptation de la réglementation, les locataires du privé restent exposés aux hausses de loyers
- Quartiers en difficulté : sans contrats de rénovation urbaine, la dégradation de certains quartiers se poursuit
Perspectives
Le logement est le domaine où la crise politique bruxelloise a les conséquences humaines les plus directes. Chaque mois sans nouveaux programmes de construction signifie des années supplémentaires d'attente pour les ménages inscrits sur la liste d'attente du logement social.
Le prochain gouvernement régional devra faire du logement une priorité absolue : relancer la construction sociale, rénover le parc existant, adapter la réglementation locative et répondre à l'urgence du mal-logement bruxellois.
Sources principales : SLRB/BGHM, rapport annuel 2024 ; Observatoire des loyers 2024 ; Syndicat des Locataires, analyses 2025 ; Perspective.brussels, bilan de la rénovation urbaine 2024.
Acteurs concernés
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