Budget régional : l'érosion silencieuse
BloquéCe dossier ne peut pas avancer sans nouveau gouvernement.
Sans nouveau gouvernement, la Région bruxelloise fonctionne en douzièmes provisoires. Pas de nouveau budget, pas de nouveaux investissements. L'inflation érode la valeur réelle des dépenses existantes.
Bruxelles n'a pas de vrai budget. Le gouvernement ne peut dépenser que ce qu'il dépensait avant. Pas d'argent neuf pour les projets importants.
Ce que ça signifie concrètement
Aucun nouveau budget ne peut être voté. La Région fonctionne sur la base du budget précédent, reconduit par douzièmes provisoires. Les investissements nouveaux sont juridiquement impossibles et la valeur réelle des dépenses existantes diminue avec l'inflation.
Chiffres clés
Douzièmes provisoires
Régime budgétaire
~1,241milliard EUR
Déficit budgétaire annuel (2025)
Votée le 12/12/2025couvre Q1 2026
Douzièmes provisoires (5e ordonnance)
15,65milliards EUR (×3 depuis 2016)
Dette consolidée brute
399millions EUR (×4,4 depuis 2016)
Charges d'intérêts annuelles
~6%sur 2 ans
Perte réelle estimée (inflation cumulée)
0projets lancés
Nouveaux investissements
Qu'est-ce que les douzièmes provisoires ?
Lorsqu'un gouvernement est en affaires courantes, il ne peut pas faire voter un nouveau budget par le Parlement. Le mécanisme des douzièmes provisoires s'applique : chaque mois, la Région peut dépenser au maximum 1/12e du dernier budget voté.
Concrètement, cela signifie :
- Pas de nouvelles dépenses au-delà de ce qui était prévu dans le dernier budget (celui de 2024, voté avant les élections).
- Pas de nouveaux programmes — tout projet qui n'était pas déjà budgétisé est bloqué.
- L'inflation n'est pas compensée — si les prix augmentent, la valeur réelle des dépenses diminue mécaniquement.
L'impact concret
Érosion par l'inflation
Avec une inflation cumulée d'environ 6 % entre la conception du budget 2024 (Q4 2023) et début 2026 (base : indices Statbel), les douzièmes provisoires de 2026 achètent environ 6 % de moins que le budget initial de 2024. Les fonctionnaires reçoivent leur salaire indexé, mais les investissements et les subsides restent au niveau nominal de 2024.
Investissements gelés
Tout investissement qui nécessitait une décision politique nouvelle est à l'arrêt :
- Pas de nouvelles enveloppes pour les Plans d'Aménagement Directeur (PAD)
- Pas de refinancement des contrats de gestion arrivés à échéance
- Pas de nouveaux appels à projets dans la plupart des administrations régionales
La dette régionale en forte hausse
La Cour des comptes a émis un avis défavorable sur les comptes 2024 de la Région, relevant des « anomalies significatives ». La dette consolidée brute a triplé depuis 2016, passant de 4,6 à 15,65 milliards EUR. Les charges d'intérêts ont été multipliées par 4,4 : de 91 millions en 2016 à 399 millions EUR en 2024, avec une projection à 548 millions en 2029. L'écart entre le déficit projeté (-1,080 Mrd) et le déficit réel (-1,515 Mrd) en 2024 était de 434,8 millions EUR.
Le risque de shutdown évité de justesse
Fin 2025, Belfius — principal créancier de la Région — avait annoncé la fin de sa ligne de crédit au 1er janvier 2026. Le contrat a finalement été prolongé d'un an (50 millions EUR). Sans cette prolongation, la Région n'aurait plus été en mesure de payer ses fonctionnaires et de maintenir les services de base.
Subsides et conventions
Les conventions pluriannuelles entre la Région et les organismes subsidiés (associations, institutions culturelles, etc.) qui arrivent à échéance ne peuvent pas être renouvelées par un gouvernement en affaires courantes. Seuls les engagements existants avec base légale continuent.
Sources et méthodologie
Les chiffres budgétaires proviennent des documents officiels du Parlement bruxellois et des rapports de la Cour des comptes. L'estimation de la perte réelle liée à l'inflation est calculée par BGM sur base des indices de prix à la consommation publiés par Statbel et la Banque Nationale de Belgique. Cette estimation utilise l'hypothèse simplificatrice d'un budget nominal constant, ce qui sous-estime l'impact réel (certains postes comme les salaires sont indexés automatiquement, ce qui réduit d'autant les marges pour les autres dépenses).
Sources
- Cour des comptes — 30e Cahier d'observations au Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale (nov. 2025)(consulté le 6 février 2026)
- Cour des comptes — Rapport sur les crédits provisoires jan-mars 2025 (PDF)(consulté le 6 février 2026)
- Ordonnance crédits provisoires jan-mars 2026 — texte légal (Reflex)(consulté le 6 février 2026)
- IBSA — Focus n°73 : Statistiques publiques et situation budgétaire bruxelloise (juil. 2025)(consulté le 6 février 2026)
- Statbel — Indice des prix à la consommation (IPC)(consulté le 6 février 2026)
- BNB — Flux et (dés)équilibres régionaux en Belgique (oct. 2025, PDF)(consulté le 6 février 2026)
- RTBF — Un rapport sévère de la Cour des comptes (nov. 2025)(consulté le 8 février 2026)
- RTBF — Le shutdown de Bruxelles évité de justesse (déc. 2025)(consulté le 8 février 2026)
- Parlement bruxellois — Site officiel(consulté le 8 février 2026)
Dernière mise à jour : 8 février 2026
Ce que BGM ne dit pas
Cette fiche ne dit pas que le budget actuel est insuffisant en soi — elle documente que l'absence de nouveau budget empêche toute adaptation aux réalités économiques actuelles. La corrélation entre affaires courantes et dégradation budgétaire n'est pas présentée comme une causalité directe.
Pour aller plus loin
Aucun changement constaté
Vérifiée le 8 févr. 2026
Les sources consultées confirment que la situation budgétaire décrite dans la carte Budget est inchangée. La Région fonctionne toujours en douzièmes provisoires. Aucune nouvelle ordonnance budgétaire n'a été adoptée depuis le vote du 5 février 2026.
Prochaine vérification prévue : 8 mars 2026
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