Horeca : saisonniers sans aides et terrasses sans permis
~35 000 emplois directs dans l'horeca bruxellois sont affectés par le gel des aides à l'embauche saisonnière et l'absence de politique touristique régionale.
Mécanismes gelés
Subsides aux travailleurs saisonniers
Les aides régionales aux employeurs horeca pour l'embauche de travailleurs saisonniers sont gelées, aucun nouveau dispositif ne peut être lancé.
Permis de terrasses et extensions
Les nouvelles demandes de permis de terrasse et d'extension de terrasse ne peuvent être traitées par le gouvernement en affaires courantes.
Politique touristique régionale
Le plan stratégique touristique régional est suspendu : aucune nouvelle orientation ni financement ne peut être décidé.
Primes à l'emploi sectorielles
Les primes régionales à l'emploi spécifiques au secteur horeca ne peuvent être adaptées ni renouvelées.
Ce qui continue
Aides à l'emploi existantes
Les dispositifs d'aide à l'emploi engagés avant juin 2024 continuent d'être exécutés par Actiris.
Promotion touristique de base
Visit.brussels poursuit ses missions de promotion touristique dans le cadre de son budget de fonctionnement existant.
Indicateurs d'impact
~9 000
Établissements horeca à Bruxelles
hub.brussels
~35 000
Emplois directs dans l'horeca bruxellois
Actiris / ONSS
~8,5 millions
Nuitées touristiques à Bruxelles (2024)
Visit.brussels
Un secteur emblématique de Bruxelles
L'horeca (hôtels, restaurants, cafés) constitue l'un des secteurs les plus visibles de l'économie bruxelloise. Avec environ 9 000 établissements et 35 000 emplois directs, ce secteur représente un pilier économique majeur de la Région de Bruxelles-Capitale. Il est aussi intimement lié à l'identité culturelle de la ville, à son attractivité touristique et à la vitalité de ses quartiers.
Le secteur horeca bruxellois dépend de plusieurs mécanismes régionaux : les subsides à l'emploi saisonnier, les permis d'urbanisme et de terrasse, la politique touristique portée par Visit.brussels, et les primes sectorielles gérées par Actiris et hub.brussels.
Depuis le 9 juin 2024, le gouvernement régional en affaires courantes ne peut plus prendre de nouvelles décisions dans ces domaines.
Subsides aux travailleurs saisonniers : un manque critique
Le mécanisme
L'horeca bruxellois est caractérisé par une forte saisonnalité. Les mois d'été, les périodes de fêtes et les grands événements (sommets européens, congrès internationaux) génèrent des pics d'activité qui nécessitent le recrutement de travailleurs saisonniers. La Région de Bruxelles-Capitale avait développé des dispositifs d'aide spécifiques pour soutenir ces embauches temporaires.
Ce qui est bloqué
En affaires courantes, aucun nouveau dispositif de soutien à l'emploi saisonnier ne peut être lancé. Les enveloppes existantes sont figées aux niveaux d'avant juin 2024. Concrètement :
- Pas de nouveaux subsides pour l'embauche de saisonniers en 2025 et 2026
- Pas d'adaptation des montants à l'inflation et à l'augmentation des coûts salariaux
- Pas de programmes ciblés pour les publics éloignés de l'emploi dans l'horeca
- Pas de soutien spécifique pour la transition numérique du secteur
Selon la Fédération Horeca Bruxelles, cette situation contraint de nombreux établissements à limiter leurs embauches saisonnières ou à recourir à des contrats moins favorables pour les travailleurs.
Source : Fédération Horeca Bruxelles, communiqué sur l'emploi saisonnier, 2025.
Permis de terrasses : une politique urbaine en suspens
L'enjeu
Les terrasses constituent un élément essentiel du modèle économique de nombreux cafés et restaurants bruxellois. Elles sont aussi un enjeu d'aménagement urbain, de partage de l'espace public et de qualité de vie dans les quartiers.
L'attribution de permis de terrasse et l'autorisation d'extensions relèvent de décisions politiques qui ne peuvent être prises en affaires courantes, sauf situations relevant de la gestion quotidienne.
Les conséquences
- Pas de nouveaux permis de terrasse pour les établissements récemment ouverts
- Pas d'extension des terrasses existantes vers de nouveaux espaces
- Pas de régularisation de situations provisoires héritées de la période COVID
- Pas d'adaptation de la réglementation aux nouvelles réalités urbaines (piétonnisation, pistes cyclables)
Les exploitants qui souhaitent installer ou agrandir une terrasse doivent attendre la formation d'un gouvernement de plein exercice.
Source : Brulocalis, note sur les permis d'urbanisme en affaires courantes, 2025.
Politique touristique : la stratégie en attente
Le contexte
Bruxelles a accueilli environ 8,5 millions de nuitées en 2024, un chiffre en progression par rapport aux années post-COVID. La Région dispose d'un organisme dédié, Visit.brussels, chargé de la promotion touristique et du soutien au secteur.
Ce qui est suspendu
Le plan stratégique touristique régional, qui définit les priorités et les investissements pour le développement du tourisme à Bruxelles, est suspendu. Visit.brussels continue ses missions courantes de promotion, mais ne peut :
- Lancer de nouvelles campagnes d'envergure nécessitant des budgets supplémentaires
- Développer de nouveaux partenariats internationaux engageant la Région
- Financer de nouvelles infrastructures d'accueil touristique
- Adapter la stratégie aux évolutions du marché touristique international
Source : Visit.brussels, rapport d'activité 2024 ; hub.brussels, observatoire de l'économie bruxelloise.
Primes à l'emploi sectorielles
Les primes régionales à l'emploi spécifiques au secteur horeca, gérées par Actiris, constituent un levier important pour encourager l'embauche dans un secteur qui peine à recruter. En affaires courantes :
- Les montants des primes ne peuvent être revus à la hausse
- Les critères d'éligibilité ne peuvent être élargis à de nouveaux publics
- Les dispositifs d'accompagnement spécifiques ne peuvent être renforcés
- La coordination entre Actiris, le Forem et le VDAB pour les travailleurs navetteurs est figée
Source : Actiris, rapport annuel 2024.
Ce qui continue de fonctionner
Les aides existantes
Les dispositifs d'aide à l'emploi engagés avant juin 2024 continuent d'être exécutés. Les employeurs horeca qui bénéficiaient déjà de primes ou de subsides continuent de les recevoir aux conditions prévues.
La promotion touristique de base
Visit.brussels poursuit ses missions de promotion dans le cadre de son budget de fonctionnement existant. Les campagnes planifiées avant juin 2024 sont exécutées normalement.
Les services d'accompagnement
Actiris et hub.brussels continuent d'accompagner les demandeurs d'emploi et les entrepreneurs du secteur horeca avec les moyens existants.
Impact sur le terrain
Le gel des mécanismes régionaux a des conséquences directes sur le quotidien du secteur :
- Emploi saisonnier réduit : moins de postes saisonniers ouverts pendant les pics d'activité
- Investissements reportés : les projets de rénovation ou d'extension sont en attente
- Compétitivité fragilisée : les établissements bruxellois sont désavantagés par rapport aux régions voisines qui adaptent leurs politiques
- Attractivité touristique stagnante : sans nouvelles initiatives, Bruxelles perd du terrain face à d'autres capitales européennes
Perspectives
Le secteur horeca bruxellois a démontré sa résilience lors de la crise sanitaire. Mais la combinaison d'une inflation persistante, de difficultés de recrutement structurelles et de l'absence de politique régionale active fragilise un secteur déjà sous pression.
Chaque saison touristique sans soutien adapté représente un manque à gagner pour les établissements, une opportunité d'emploi en moins pour les travailleurs et un affaiblissement de l'attractivité économique de Bruxelles.
Sources principales : Fédération Horeca Bruxelles ; Actiris, rapport annuel 2024 ; Visit.brussels, rapport d'activité 2024 ; hub.brussels, observatoire économique.
Acteurs concernés
Retour à l'accueil — 7 février 2026
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