Digest BGM — Semaine 32 (3-9 août 2026)
Bockstael : l'enquête publique unilingue persiste malgré l'avis fondé de la Commission linguistique
La rénovation de la gare de Bockstael à Laeken fait ressortir une tension entre droit et obligation : la Commission permanente de contrôle linguistique a déclaré recevable et fondée la plainte d'un riverain contre une enquête publique menée uniquement en néerlandais. Depuis 1994, la jurisprudence de la commission impose à l'autorité qui organise l'enquête, et non au demandeur de permis, de mettre les documents essentiels à disposition dans les deux langues. Malgré cet avis, le permis a été délivré en néerlandais seul, les travaux ont démarré en août, et un recours au Conseil d'État reste sans effet suspensif. Le dossier illustre les limites du contrôle institutionnel : un avis fondé n'annule rien, ne suspend rien, n'oblige personne.
Ce que cela change : la jurisprudence linguistique bruxelloise reste incontestée sur le papier mais peu appliquée en pratique. Les communes conservent une marge de manœuvre que seule une décision de justice contraignante pourrait restreindre.
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Mobilité partagée : quatre mois de transition avant une possible réouverture
Le Conseil d'État a annulé les licences de mobilité partagée (vélos et trottinettes en flotte libre) le 29 juillet 2026, sur recours de Lime, opérateur écarté du marché en 2023. Le gouvernement explore une période de transition de quatre mois au maximum pour maintenir les vélos partagés après le 1er septembre, le temps que le Parlement adopte la nouvelle ordonnance sur les licences. Cette transition ne rétablit pas les licences annulées, mais organise un régime provisoire. Lime, à l'origine du recours, pourrait bénéficier de la possibilité d'exploiter des vélos aux côtés de Bolt et Dott. Une réunion entre les instances régionales et les opérateurs est prévue à la mi-août. L'interdiction des trottinettes partagées au 1er janvier 2027 n'est pas remise en cause.
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Plan de sécurité : la prévention réduite de 725 815 euros
Le gouvernement a validé le 9 juillet le Plan global de sécurité et de prévention 2026 avec un coup de ciseau direct : sur les 39 projets financés en 2025, 14 ne sont pas reconduits, 22 sont maintenus, et 2 sont réduits, pour un total de 725 815 euros retirés. L'enveloppe passe de environ 7,5 millions à 6,8 millions EUR. Les suppressions touchent la réduction des risques (Modus Vivendi perd 212 000 euros sur deux programmes), l'encadrement scolaire, la jeunesse, l'aide juridique et la culture. Le maillon prévention s'affaiblit précisément au moment où le commissaire régional aux drogues et le Plan Gares montent en charge, signe d'une priorité redéfinie. Les documents validés n'ont pas été rendus publics, ce qui empêche de vérifier les critères de sélection.
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Deux enveloppes distinctes : Iriscare pour le social, la SLRB pour le logement
Deux enveloppes annoncées la même semaine, mais qui ne relèvent ni du même niveau de pouvoir ni de la même compétence. Iriscare a octroyé plus de 12 millions d'euros de subsides facultatifs en 2026 à plus de soixante initiatives bruxelloises dans la santé, l'inclusion sociale et la protection des publics vulnérables. La secrétaire d'État au Logement a débloqué 61 millions EUR pour la SLRB via le Plan stratégique de rénovation durable 2026-2035, montage distinct de l'injection de 400 millions annoncée en février. Sur cette période, 219 projets sont prévus et 117 sont déjà en chantier. Il faut les distinguer : Iriscare est l'organisme bicommunautaire (COCOM) compétent pour la protection sociale, ses subsides facultatifs ne financent pas de logement social. La SLRB, elle, est régionale et son plan porte bien sur la rénovation du parc. Seule la seconde enveloppe marque une relance du logement social après l'arrêt des investissements enregistré au printemps.
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Chômage et CPAS : le phénomène de report mesurable
Les données du SPP Intégration sociale pour janvier-juin 2026 chiffrent enfin le report des exclus du chômage vers les CPAS. À Bruxelles, 11 843 personnes sur 26 990 arrivées en fin de droits ont obtenu un revenu d'intégration, soit 43,9 %. Le chiffre qui manquait est désormais connu : sur 52 600 demandes introduites au premier semestre 2026 dans l'ensemble du pays, environ 9 000 ont été refusées, principalement parce que les revenus du ménage sont jugés trop élevés. La Wallonie atteint 48,8 %, la Flandre 34,3 %. Le taux de recours bruxellois de 43,9 % surestime donc la couverture réelle. Ces chiffres s'arrêtent au 30 juin et n'incluent pas les quatrième et cinquième vagues d'exclusion du 1er juillet.
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Climat : surmortalité estivale et vigilance sécheresse
Sciensano a révisé le 17 juillet le bilan de la canicule de juin 2026. La surmortalité bruxelloise passe de 159 à 188 décès supplémentaires, soit +63 % au lieu de +60,9 %, la période de référence étant étendue de deux jours au 3 juillet. Le bilan national atteint environ 2 000 décès, soit +48 %. S'y ajoutent le maintien de la vigilance jaune sécheresse activée le 23 juillet (nappes phréatiques en baisse, aucune précipitation notable attendue) et un dépassement du seuil européen d'information à l'ozone de 180 microgrammes/m³ le 3 août dans cinq stations de mesure, dont Neder-Over-Heembeek à Bruxelles. Ces trois signaux, canicule, sécheresse et pollution à l'ozone, se conjuguent et menacent l'été 2026.
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Survol de Bruxelles : le collectif quantifie le coût à 4-6 milliards EUR
Le collectif Free Air 4 Brussels a publié le 8 août une évaluation du préjudice d'une pérennisation de la route aérienne RNP-07L pour la Région bruxelloise : 4 à 6 milliards EUR sur vingt ans, dont environ 3,18 milliards de dépréciation immobilière et 1,55 à 2,64 milliards d'insonorisation. Ce chiffrage s'appuie sur deux études de l'IGEAT (Institut de gestion de l'environnement et d'aménagement du territoire de l'ULB), selon lesquelles la RNP-07L expose huit fois plus de riverains que l'alternative RNP-ILS 01. Le calcul émane d'un collectif de riverains, non d'une autorité publique, et doit être cité avec attribution explicite. En parallèle, le gouvernement a approuvé le 11 juin une action en cessation contre l'État fédéral.
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Intelligence artificielle : un quart des entreprises bruxelloises, mais retard sur la moyenne belge
Selon le BISA, plus d'un quart des entreprises bruxelloises d'au moins deux salariés utilisaient au moins une technologie d'intelligence artificielle en 2025 : 25 % chez les 2-9 salariés et 70 % chez celles de plus de 250 salariés. La moyenne belge est d'environ un tiers, la moyenne européenne de 19,95 %. Bruxelles se situe donc au-dessus de la moyenne européenne mais en dessous de la moyenne belge, alors que la Région affiche l'ambition de devenir une capitale de l'intelligence artificielle. Les usages diffèrent selon la taille : gestion interne, comptabilité et analyse commerciale dans les petites structures, cybersécurité dans les grandes.
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Dossiers : mobilisation contre la suppression de places d'accueil
Cinq organisations, dont le Samusocial, ont appelé à manifester le 18 août contre la suppression de 1 000 des 2 000 places d'accueil du Brussels Deal, dispositif fédéral doté de 42 millions EUR par an depuis 2022. Le gouvernement fédéral a supprimé 300 places fin juin 2026, puis 700 le 16 juillet. Les associations estiment qu'environ 1 000 personnes vivent déjà en rue à Bruxelles. Le Samusocial, signataire de l'appel, n'est pas une association militante mais l'opérateur bicommunautaire chargé de l'hébergement d'urgence.
Source: Brussels Governance Monitor — independent civic monitoring of Brussels governance.