Les 19 CPAS bruxellois : trois autorités, un opérateur, trois chocs simultanés
Les 19 Centres publics d'action sociale (CPAS) bruxellois accumulent en 2025-2026 un sous-financement chronique, le retrait de la subvention fédérale PAS (15,5 M€/an) contesté au Conseil d'État, et l'absorption de la réforme fédérale du chômage en quatre vagues (35 799 Bruxellois exclus en 2026 selon l'ONEM). Brulocalis projette ~146 M€/an de charges nouvelles pour les CPAS bruxellois. Compensations versées et besoins documentés ne se rejoignent pas.
Budget estimé
estimé 1,5-2 Mrd € cumulés pour les 19 CPAS (à confirmer auprès de l'IBSA / Brulocalis ; Bruxelles-Ville seul = 461,6 M€ en 2025)
Chiffres clés
3,7% de la population (~46 000 personnes en moyenne mensuelle)
Bénéficiaires mensuels du RIS — Région bruxelloise
~6 500ETP (estimation, exercice 2018, hors art. 60 §7)
Effectif consolidé des 19 CPAS bruxellois
1 690ETP (au 30 juin 2023)
Effectif CPAS de Bruxelles-Ville (le plus important)
461,6M€ (équilibré)
Budget annuel CPAS de Bruxelles-Ville (2025)
15,5M€ (engagés par AR du 21 mars 2024)
Subvention fédérale PAS — montant 2024 (avant suppression)
11,8M€ (réduction de 30 % avant suppression au 1ᵉʳ janvier 2026)
Subvention fédérale PAS — montant transitoire 2025
300M€ (national, 2026 et 2027) → 342 M€ en 2029 ; cumul ~631 M€ ; impact réel projeté ~1 Mrd €
Compensation fédérale annoncée (chiffrage Brulocalis / Cour des comptes)
234M€ (national, hypothèse hautes de retour à l'emploi)
Compensation fédérale annoncée (chiffrage SPP IS / gouvernement)
26M€ (national, voté en Commission des Finances le 10 décembre 2025, non versé au 7 janvier 2026, engagement de versement fin janvier 2026)
Compensation fédérale 2025 (acompte voté à la Chambre)
35 799personnes (5 101 au 1/1 + 12 399 au 1/3 + 11 806 au 1/4 + 6 493 au 1/7 ; 88 % d'une projection ONEM totale de 40 775 incluant la vague 2027)
Bruxellois exclus du chômage en 2026 (4 phases ONEM transmises à Brulocalis)
~146M€/an (projection Brulocalis : 24 465 exclus à charge × 1 322 € RIS moyen × 12 mois × 30 % à charge des pouvoirs locaux = 116,4 M€ + 306 AS × 60 K + 245 admin × 45 K)
Projection charges annuelles pour les CPAS bruxellois (réforme chômage)
25M€ (sur un budget 2025 de 461,6 M€ ; mutualisation Ville/CPAS sur logistique et IT ; dotation Ville → CPAS = 105 M€ soit +3,5 % vs 2024)
Économies imposées au CPAS de Bruxelles-Ville par la nouvelle majorité 2025
1 036€ par cas (loi du 17/11/2025 ; pour les exclus 1/1, 1/3, 1/4 2026 ; couvre 2026-2028)
Allocation fédérale frais de personnel CPAS — première vague d'exclusions
2 000postes (BXL : 550 dont 300 assistants sociaux et 250 administratifs)
Postes à pourvoir région-wide pour absorber la réforme
1,718Mrd € sur 2025-2029 ; compensations fédérales = 26,7 % du besoin ; reste 1,258 Mrd à charge communes + CPAS + zones de police
Demande globale des pouvoirs locaux bruxellois (Brulocalis + Conférence des bourgmestres)
Alertes
- Recours en annulation au Conseil d'État sur la subvention PAS — déposé fin 2025 par plusieurs CPAS bruxellois ; recours toujours pendant15 décembre 2025
- 26 M€ fédéraux 2025 versés aux CPAS le 21 janvier 2026 (AR du 18/01/2026, MB du 26/01/2026)21 janvier 2026
- Cour constitutionnelle, arrêt n° 11/2026 du 15 janvier 2026 : suspension de la réforme du chômage rejetée ; recours en annulation toujours pendant côté ASBL/syndicats et côté CPAS Saint-Gilles, Forest, Mons, Andenne15 janvier 2026
- Suppressions ou incertitudes fédérales additionnelles sur les CPAS : Fonds d'Activation Sociale (PAS, supprimé), plan Grand Froid (supprimé), Housing First et MIRIAM (incertitudes signalées par Brulocalis)11 mars 2026
Acteurs impliqués
L'institution en bref
Un CPAS — Centre public d'action sociale — est l'opérateur public de dernier recours en matière d'aide sociale. Sa mission, fixée par la loi organique fédérale du 8 juillet 1976, est de garantir à toute personne le droit de mener une vie conforme à la dignité humaine. À Bruxelles, dix-neuf CPAS coexistent, un par commune, juridiquement distincts mais tous sous tutelle de la Cocom (Commission communautaire commune).
Fédéral
SPP Intégration sociale
- Loi organique CPAS du 8 juillet 1976
- Loi DIS du 26 mai 2002 (revenu d’intégration)
- Subventions : RIS, art. 60 §7, PAS (jusqu’en 2025), MediPrima
- Cadre de l’intégration sociale
Cocom
Collège réuni · Vivalis · Iriscare
- Tutelle organique sur les CPAS bruxellois
- Vivalis : administration de la Cocom
- Iriscare : OIP créé en 2017 (santé / aide aux personnes)
Région + Communes
Bruxelles Pouvoirs locaux · 19 communes
- Plan triennal et dotation générale aux communes (DGC)
- Cofinancement régional (variable)
- Communes : gestion opérationnelle et financement final
19 CPAS bruxellois · tutelle Cocom · gestion communale · financement fédéral
Cette architecture est la singularité bruxelloise du dossier. Le fédéral définit le cadre (loi organique 1976, loi DIS du 26 mai 2002 sur le revenu d'intégration sociale) et finance la majeure partie de l'aide individuelle (RIS remboursé proportionnellement, subventions ciblées, MediPrima). La Cocom exerce la tutelle organique via le Collège réuni, son administration Vivalis et l'organisme d'intérêt public Iriscare. La Région et les communes complètent : plan triennal et dotation générale aux communes (DGC), cofinancement variable, et au final un déficit comblé par la commune dont dépend le CPAS. Trois autorités, un opérateur — sans coordination native.
Cette architecture explique les frottements actuels. Quand le fédéral retire une subvention, c'est le CPAS qui le constate et la commune qui paie. Quand la Cocom agit comme tutelle, elle n'a pas de levier financier équivalent. Quand la Région compense partiellement, elle le fait via la DGC, sans fléchage vers le CPAS. Les chocs documentés ci-dessous frappent simultanément ces trois étages.
La loi organique de 1976 définit les missions ordinaires des CPAS : RIS (revenu d'intégration sociale, plancher de revenu pour les personnes sans ressources), aide médicale urgente (AMU, soins essentiels pour personnes en séjour irrégulier ou sans droits ouverts), mise à l'emploi via l'article 60 §7 (contrat de travail subventionné de réinsertion), aide spécifique (cartes médicales, équivalent RIS pour étrangers, médiation de dette), et accompagnement social général.
Chiffres consolidés région — (à confirmer) : environ 46 000 bénéficiaires mensuels du RIS en 2024 (3,7 % de la population régionale, contre 0,59 % en Flandre et 1,98 % en Wallonie d'après indicators.be) ; environ 6 500 agents en équivalents temps plein sur les 19 CPAS, ratio dont les composantes sont consolidées par Bruxelles Pouvoirs locaux dans son Focus #14 (situation au 30 juin 2023, publié en février 2025), avec une trajectoire haussière (Bruxelles-Ville passe seul de 1 595 ETP en 2018 à 1 690 en 2023) ; budget cumulé estimé entre 1,5 et 2 milliards d'euros par extrapolation depuis Bruxelles-Ville (461,6 M€ en 2025, soit environ un quart de l'effectif région). Les comptes consolidés exacts vivent dans des annexes XLSX d'IBSA et de Bruxelles Pouvoirs locaux que ce dossier n'a pas encore rapatriées en sources directes.
À noter : stock mensuel (~46 000) et flux annuel (toutes personnes ayant touché le RIS au moins un mois sur l'année — IBSA recensait 52 502 Bruxellois en 2018, chiffre à actualiser) sont deux mesures distinctes. Quand un acteur public parle de « bénéficiaires », il faut toujours préciser laquelle.
L'écosystème social bruxellois autour du CPAS
Les trois autorités du composant ci-dessus (fédéral, Cocom, communes) sont celles qui agissent sur le CPAS — elles le financent, le supervisent, le gèrent. Mais l'opérateur de terrain ne travaille pas en vase clos : il est inséré dans un écosystème social bruxellois où d'autres acteurs publics et associatifs prestent à côté du CPAS, parfois pour les mêmes publics. Ce dossier suit l'institution CPAS, mais il est utile de poser brièvement les acteurs avec lesquels elle partage le terrain.
La Cocof (Commission communautaire française) n'a pas de tutelle sur les CPAS, mais elle exerce des compétences transférées en matière d'aide sociale, d'aide aux personnes handicapées, d'intégration des immigrants et de cohésion sociale. Elle opère notamment dix Centres d'action sociale globale (CASG) francophones, prestataires associatifs financés par la Cocof, qui accompagnent des publics souvent communs avec les CPAS sans en être un démembrement. Quand un CPAS accompagne un dossier complexe, le CASG le plus proche peut être un partenaire de prise en charge ; et inversement, un CASG sature renvoie ses dossiers vers le CPAS communal.
La Cocom ne se limite pas à la tutelle organique des CPAS : elle subventionne et coordonne, via Vivalis et Iriscare, plus de trois cents institutions bilingues sur le territoire bruxellois — hôpitaux publics du réseau IRIS, maisons de repos et de soins, services de santé mentale, initiatives d'habitations protégées, centres d'accueil. Sur l'aide médicale, en particulier, le couple CPAS / hôpitaux publics IRIS est un partenariat permanent : la facturation MediPrima et le dispositif AMU pour les personnes en séjour irrégulier font transiter chaque année de nombreux dossiers entre les guichets CPAS et les services hospitaliers d'urgence.
Le secteur associatif — non public, mais souvent agréé et subventionné — complète enfin la chaîne. Le Samusocial assure la coordination opérationnelle de l'urgence sociale et de l'hébergement à Bruxelles, en lien direct avec les CPAS pour les personnes sans-abri. Diogenes travaille en première ligne avec les sans-abri, accompagne physiquement vers les CPAS et les services de soins. Médimmigrant est le centre de référence sur l'AMU, en appui aux CPAS, aux hôpitaux et aux travailleurs sociaux confrontés à des dossiers de séjour irrégulier complexes. Ces trois opérateurs sont des sources institutionnelles régulièrement citées par les CPAS eux-mêmes et figurent au frontmatter de ce dossier.
Choc 1 — Le sous-financement chronique, antérieur aux chocs récents
Les CPAS bruxellois ne traversent pas une crise nouvelle. Ils traversent une crise documentée depuis longtemps qui s'aggrave sous deux décisions fédérales récentes. Cette section pose le décor sans lequel les sections suivantes seraient illisibles.
Le mémorandum 2024-2029 du financement des pouvoirs locaux publié par Bruxelles Pouvoirs locaux pose la question structurelle : les communes et CPAS bruxellois absorbent depuis plusieurs années des transferts de charges sans compensation équivalente. Le 11 mars 2026, Brulocalis, la Conférence des bourgmestres bruxellois et la Fédération des CPAS ont rendu publique une étude affinée chiffrant ce déficit : 1,718 milliard d'euros sur 2025-2029, soit plus de 340 millions par an. Les compensations fédérales annoncées ne couvriraient que 26,7 % de ce besoin, laissant communes, CPAS et zones de police trouver eux-mêmes 1,258 milliard d'euros.
Brulocalis souligne que l'impact de ces décisions fédérales pèse plus lourdement à Bruxelles que dans les autres régions, pour trois raisons cumulatives : un tissu social spécifique (concentration de précarité, jeunesse, populations issues de l'immigration), un rôle de capitale régionale, nationale, européenne et internationale qui multiplie les missions sans transferts financiers correspondants, et un soutien régional plus important au financement des communes flamandes par leur Région. Ce déséquilibre interrégional est un argument structurel récurrent dans le plaidoyer bruxellois.
Sur le terrain, les présidents de CPAS parlent depuis 2025 d'une institution « hors normes ». Élu en avril 2025 à la tête de la Fédération des CPAS bruxellois (entité hébergée chez Brulocalis), Sébastien Lepoivre — par ailleurs président du CPAS d'Evere — porte cette communication et a répété, à plusieurs reprises, que « d'ici la fin de l'année, c'est impossible de trouver le personnel pour les CPAS ». Le ton n'est pas militant : il est institutionnel et posé. Mais il est d'une netteté inhabituelle.
L'étude attribue ces charges à quatre sources principales :
- Pensions des fonctionnaires locaux : malgré le passage du fédéral à 30 % du financement du second pilier (au lieu de 10 % auparavant), de lourdes incertitudes demeurent sur le financement structurel des pensions du personnel statutaire. La pyramide des âges inversée des statutaires (voir section « Le personnel ») renforce cette pression.
- Sous-financement des zones de police : la fusion imposée des zones bruxelloises avance sans démonstration d'économies d'échelle attendues, et les mesures de renforcement de l'attractivité de la fonction de police entraînent des surcoûts communaux. La promesse de révision de la norme « KUL » (clé de répartition fédérale du financement des zones de police) n'a pas abouti.
- Réforme fédérale du chômage : couverte au choc 3 infra.
- Réforme fiscale fédérale : appliquée à partir de 2029, elle priverait les communes de 17 millions d'euros de recettes par an.
- Absence de mise à jour cadastrale par le fédéral : prive les communes de 130 à 180 millions d'euros de recettes cadastrales par an.
Le calcul des compensations annoncées pour la réforme du chômage est en outre explicitement battu en brèche par la Cour des comptes dans son rapport 2026 sur le projet de budget — ce qui renforce le constat que les chiffres avancés par le gouvernement sont sous-évalués.
Brulocalis signale par ailleurs plusieurs autres transferts attendus, distincts de la réforme chômage : la suppression du Fonds d'Activation Sociale (= subvention PAS, voir choc 2 infra), la suppression du plan Grand Froid, et des incertitudes signalées sur Housing First (politique fédérale d'accès au logement pour les sans-abri) et MIRIAM (programme d'accompagnement des mères solo via les CPAS). À ce stade, ni Housing First ni MIRIAM n'ont été supprimés formellement par un texte législatif ou réglementaire — l'incertitude tient à des arbitrages budgétaires en cours.
À l'automne 2025, Brulocalis avait déjà publié un communiqué annonçant la « catastrophe imminente » si l'absence de compensations persistait. Ce communiqué reste partiellement opaque côté monitor : les protections anti-bot du site empêchent à l'heure de la rédaction d'en récupérer le verbatim intégral. La question reste donc ouverte de savoir si l'« ultimatum d'octobre 2025 » mentionné par certains relais visait spécifiquement les 26 millions fédéraux 2025 (versés depuis le 21 janvier 2026, voir choc 3) ou une dotation Cocom distincte. Cette imprécision est documentée dans les questions ouvertes en fin de dossier.
Choc 2 — Le retrait de la subvention PAS et le recours au Conseil d'État
La subvention PAS — Participation et Activation Sociale — a été créée par le fédéral en 2003. Elle finance, à hauteur d'environ 15,5 millions d'euros par an au niveau national, des projets que les CPAS portent sur deux axes : la participation et l'activation sociale d'une part, la lutte contre la pauvreté infantile d'autre part. Concrètement : ateliers de socialisation, pris en charge d'activités culturelles et sportives, accompagnement spécifique des familles précarisées.
La chronologie de sa suppression est documentée. Pour 2024, l'arrêté royal du 21 mars 2024 avait engagé 15,5 millions d'euros pour la subvention. Pour 2025, le budget fédéral a réduit l'enveloppe à environ 11,8 millions d'euros (soit une coupe d'environ 30 %). À partir du 1ᵉʳ janvier 2026, la subvention est supprimée intégralement. La presse locale a rapporté la décision — RTBF, BX1, 21news, Guide Social — comme une « régression sociale majeure et brutale » selon les CPAS bruxellois.
Les CPAS bruxellois contestent radicalement la justification fédérale. Selon eux, les lois spéciales organisant la répartition des pouvoirs placent l'aide sociale générale et le cadre de l'intégration sociale via les CPAS clairement dans la compétence fédérale. Plusieurs CPAS bruxellois ont déposé fin 2025 un recours en annulation devant le Conseil d'État. La procédure est en cours au moment de la rédaction de ce dossier, sans calendrier d'audience publique.
Le contexte de cette suppression est plus large : à l'automne 2025, le fédéral avait également supprimé les subsides du plan grand froid, autre dispositif fédéral qui passait par les CPAS et acteurs adjacents (notamment Samusocial). Pour les opérateurs de terrain, ces décisions s'inscrivent dans une série de coupes plutôt qu'un ajustement isolé.
La justification fédérale repose sur un argument de répartition de compétences. Lors de la séance du 5 novembre 2025 à la Chambre fédérale (56e législature, intervention 04.04), la ministre fédérale de l'Intégration sociale a répondu à une question parlementaire posée par la députée Marie Meunier en indiquant :
« L'Inspection des finances a spécifiquement qualifié la subvention PAS de subvention à caractère usurpateur. [Cette appréciation] repose sur les critères de compétences utilisés par la Cour constitutionnelle et le Conseil d'État. En réalité, 15,5 millions d'euros ont été engagés en 2024 pour le financement de la subvention PAS, comme confirmé par l'arrêté royal du 21 mars 2024. À partir de 2026, je ne prolongerai plus cette subvention. »
Cette formulation appelle deux précisions. D'une part, l'avis de l'Inspection des finances n'est pas publié directement — il est rapporté par la ministre, qui en synthétise le contenu. Le monitor relaie donc les motifs invoqués sans pouvoir les consulter à la source. D'autre part, le qualificatif « usurpateur » renvoie à une notion technique de répartition fédérale-fédérée des compétences, pas à un jugement moral.
Choc 3 — La réforme fédérale du chômage : l'absorption à marche forcée
La réforme fédérale du chômage, portée par le gouvernement « Arizona », est entrée en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2026. Elle limite la durée des allocations de chômage à un ou deux ans selon les profils. La base légale s'est construite en deux temps : la loi-programme du 18 juillet 2025 (cadre principal), puis la loi du 17 novembre 2025 sur les compensations octroyées aux CPAS, dont l'arrêté royal du 7 janvier 2026 a fixé l'entrée en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2026 (publication au Moniteur belge le 19 janvier 2026 ; exception pour l'article 5, 1° sur la subvention PIIS, dont les modifications ne s'appliquent qu'à partir du 1ᵉʳ janvier 2028). Pour les profils éloignés de l'emploi, la fin des allocations entraîne un basculement mécanique vers le RIS, donc vers le CPAS de la commune de résidence.
Le calendrier des exclusions à Bruxelles
Le gouvernement fédéral a échelonné les exclusions en plusieurs vagues. Pour 2026, l'ONEM a transmis à Brulocalis (Fédération des CPAS bruxellois) le calendrier suivant pour la Région bruxelloise :
| Phase | Date d'effet | Public visé | Bruxellois·e·s exclu·e·s | Part du total 2026 |
|---|---|---|---|---|
| 1 | 1ᵉʳ janvier 2026 | Plus de 20 ans de chômage | 5 101 | 20,1 % |
| 2 | 1ᵉʳ mars 2026 | Entre 8 et 20 ans | 12 399 | 29,3 % |
| 3 | 1ᵉʳ avril 2026 | Entre 2 et 8 ans | 11 806 | 26,1 % |
| 4 | 1ᵉʳ juillet 2026 | Deux ans | 6 493 | 23,1 % |
| Total 2026 | 35 799 | 100 % |
À ces 35 799 exclusions s'ajoutera une nouvelle vague au 1ᵉʳ juillet 2027, portant la projection ONEM totale à 40 775 personnes (les 35 799 de 2026 représentant 88 % du total). Ces chiffres remplacent dans le présent dossier la fourchette plus floue (« entre 32 000 et 42 000 ») que la presse avait projetée à l'été 2025 sur la base d'estimations antérieures à la finalisation de la loi.
À cela s'ajoute une couche supplémentaire entrée en vigueur le 1ᵉʳ mars 2026 : un changement de loi qui oblige les CPAS à prendre en compte les revenus de certains cohabitants (partenaire, enfants majeurs, ascendants) lors du calcul du RIS. À défaut de revenu connu, un montant forfaitaire mensuel de 240 € s'applique. Le CPAS de Schaerbeek, comme d'autres CPAS bruxellois, a mis en place des permanences hebdomadaires dédiées aux exclus du chômage pour absorber l'afflux et expliquer le nouveau cadre.
Les compensations annoncées : deux chiffres officiels en tension
Le gouvernement fédéral et la Cour des comptes ne s'accordent pas sur le coût réel de la réforme pour les CPAS. La Cour des comptes, dans son rapport 2026 sur le projet de budget, a explicitement mis en cause le calcul fédéral des compensations, jugeant l'enveloppe sous-estimée. La décision de compensation prise par le gouvernement le 19 septembre 2025 et la loi du 17 novembre 2025 prévoient, au niveau national :
- RIS fédéral remboursé (régime de droit commun)en cours
SPP IS → CPAS
100 % en 2026, 90 % en 2027, 80 % en 2028, 75 % à partir de 2029
+15 % supplémentaires pour les demandes ouvertes à partir du 1ᵉʳ juillet 2026
- Subvention PASsupprimé
SPP IS → CPAS
~15,5 M€/an (national, jusqu'en 2024) — 11,8 M€ en 2025 — 0 € à partir de 2026
Recours en annulation pendant au Conseil d'État
- Compensation réforme chômage (chiffrage Brulocalis / Cour des comptes)annoncé
SPP IS → CPAS
300 M€ (2026 et 2027) → 342 M€ en 2029 ; cumul ~631 M€ ; impact réel projeté ~1 Mrd €
- Compensation réforme chômage (chiffrage SPP IS / gouvernement)annoncé
SPP IS → CPAS
234 M€ (national, hypothèses hautes de retour à l'emploi)
- Compensation fédérale 2025 (acompte)en cours
SPP IS → CPAS
26 M€ (national)
Versés le 21 janvier 2026 (AR du 18/01/2026, MB du 26/01/2026, communication « 26M/numéro d'ordre »)
- Allocation frais de personnel — première vagueen cours
SPP IS → CPAS
1 036 € par cas (2026-2028)
Loi du 17/11/2025 ; uniquement pour les exclus des phases 1, 2 et 3 (1/1, 1/3, 1/4 2026)
- Bonus PIISannoncé
SPP IS → CPAS
1 776 €/cas pour les sorties durables (≥ 1 an d'emploi)
Mécanisme bonus-malus à partir du 1ᵉʳ janvier 2028 (article 5, 1° de la loi du 17/11/2025) — selon Brulocalis, peut porter le taux de remboursement RIS à plus de 100 % pour les exclus de la première vague dans les grandes villes lorsque le pourcentage de PIIS est élevé
- Dotation Cocomstructurel
Cocom → CPAS bruxellois
Enveloppe spécifique (montant à confirmer)
- Cofinancement régional via DGCen cours
RBC → communes → CPAS
Variable
- Intervention communale finale (déficit comblé)structurel
Commune → CPAS
Variable
| Source | Canal | Montant | Statut |
|---|---|---|---|
RIS fédéral remboursé (régime de droit commun) +15 % supplémentaires pour les demandes ouvertes à partir du 1ᵉʳ juillet 2026 | SPP IS → CPAS | 100 % en 2026, 90 % en 2027, 80 % en 2028, 75 % à partir de 2029 | en cours |
Subvention PAS Recours en annulation pendant au Conseil d'État | SPP IS → CPAS | ~15,5 M€/an (national, jusqu'en 2024) — 11,8 M€ en 2025 — 0 € à partir de 2026 | supprimé |
Compensation réforme chômage (chiffrage Brulocalis / Cour des comptes) | SPP IS → CPAS | 300 M€ (2026 et 2027) → 342 M€ en 2029 ; cumul ~631 M€ ; impact réel projeté ~1 Mrd € | annoncé |
Compensation réforme chômage (chiffrage SPP IS / gouvernement) | SPP IS → CPAS | 234 M€ (national, hypothèses hautes de retour à l'emploi) | annoncé |
Compensation fédérale 2025 (acompte) Versés le 21 janvier 2026 (AR du 18/01/2026, MB du 26/01/2026, communication « 26M/numéro d'ordre ») | SPP IS → CPAS | 26 M€ (national) | en cours |
Allocation frais de personnel — première vague Loi du 17/11/2025 ; uniquement pour les exclus des phases 1, 2 et 3 (1/1, 1/3, 1/4 2026) | SPP IS → CPAS | 1 036 € par cas (2026-2028) | en cours |
Bonus PIIS Mécanisme bonus-malus à partir du 1ᵉʳ janvier 2028 (article 5, 1° de la loi du 17/11/2025) — selon Brulocalis, peut porter le taux de remboursement RIS à plus de 100 % pour les exclus de la première vague dans les grandes villes lorsque le pourcentage de PIIS est élevé | SPP IS → CPAS | 1 776 €/cas pour les sorties durables (≥ 1 an d'emploi) | annoncé |
Dotation Cocom | Cocom → CPAS bruxellois | Enveloppe spécifique (montant à confirmer) | structurel |
Cofinancement régional via DGC | RBC → communes → CPAS | Variable | en cours |
Intervention communale finale (déficit comblé) | Commune → CPAS | Variable | structurel |
L'écart entre 234 M€ (gouvernement) et La compensation fédérale pour la réforme du chômage est chiffrée à 300 M€ (Cour des comptes / UVCW) contre 234 M€ dans la décision gouvernementale : écart de 22 % non réconcilié publiquement.
Le versement effectif des 26 millions d'acompte 2025 a finalement eu lieu le 21 janvier 2026 (arrêté royal du 18 janvier, publication au Moniteur belge le 26 janvier). Cette compensation, votée à la Chambre en Commission des Finances le 10 décembre 2025, vise à couvrir une partie de l'augmentation de la charge de travail liée à l'arrivée des nouveaux bénéficiaires.
Pour la mécanique fine du basculement ONEM → RIS et l'effet en cascade vers le statut BIM, voir le dossier BIM.
La projection Brulocalis pour Bruxelles : ~146 M€/an de charges nouvelles
La Fédération des CPAS bruxellois (Brulocalis) a publié dans le numéro 144 de Trait d'Union (juillet-août-septembre 2025) une projection chiffrée de l'impact financier annuel de la réforme pour la Région. La méthodologie est explicite et reproductible :
- 24 465 exclus à charge des CPAS bruxellois (scénario moyen jugé « le plus réaliste » par Brulocalis, plus prudent que la projection ONEM totale)
- × 1 322 € de RIS moyen mensuel (indexation février 2025)
- × 12 mois × 30 % de part à charge des pouvoirs locaux (le solde est remboursé par le fédéral, mais à un taux variable et phasé)
- = 116,4 M€/an uniquement pour le RIS net des compensations fédérales
-
- 306 assistants sociaux supplémentaires (1 ETP pour 80 dossiers) × 60 000 €/an = 18,4 M€/an
-
- 245 profils administratifs et d'accueil (1 ETP pour 100 dossiers) × 45 000 €/an = 11,0 M€/an
Total projection Brulocalis : environ 146 millions d'euros par an absorbés par les CPAS bruxellois à régime de croisière, exclusivement pour la mise en œuvre opérationnelle de la réforme. La projection précise qu'elle ne couvre que la part RIS non remboursée et qu'une partie seulement du coût personnel y est intégré — le coût réel pourrait donc être supérieur.
La réponse opérationnelle : 2 000 postes à pourvoir, dont 550 à Bruxelles
Pour absorber cet afflux, les CPAS doivent recruter rapidement. D'après le Guide Social (article du 27 janvier 2026), environ 2 000 postes sont à pourvoir au niveau national, dont 550 à Bruxelles — chiffre cohérent avec la projection Brulocalis (306 assistants sociaux + 245 administratifs = 551). Le CPAS de Bruxelles-Ville, à lui seul, annonce un effort dédié : 500 000 € de budget pour renforcer les équipes d'assistants sociaux, 800 activations en article 60 §7 sur 2026, trois nouvelles antennes, 3 550 nouveaux bénéficiaires attendus et 6 000 personnes accompagnées sur l'année (sources : CPAS de Bruxelles-Ville ; présentation du budget 2025 au conseil communal). Wallonie et Flandre annoncent des efforts comparables proportionnellement à leur poids.
Le calendrier est court et le marché du travail social est déjà tendu — les assistants sociaux figurent parmi les fonctions critiques en Région bruxelloise.
Les recours juridiques : deux fronts pendants devant la Cour constitutionnelle
Deux procédures distinctes contestent la réforme du chômage devant la Cour constitutionnelle.
D'un côté, à l'été 2025, les CPAS de Saint-Gilles, Forest, Mons et Andenne ont rejoint un recours communal contre la loi-programme du 18 juillet 2025. De l'autre, le 29 octobre 2025, un front composé de quatorze ASBL (dont le Belgisch Netwerk Armoedebestrijding/BAPN, la Ligue des familles, la Ligue des droits humains, Soralia, Vie féminine), de quatre associations de fait et de neuf personnes physiques chômeuses, soutenues par le front commun syndical (CSC, FGTB, CGSLB), a déposé un recours en annulation accompagné d'une demande de suspension.
La Cour constitutionnelle a tranché la demande de suspension par son arrêt n° 11/2026 du 15 janvier 2026 : la suspension est rejetée, au motif que les requérants n'ont pas démontré l'existence d'un « risque de préjudice grave difficilement réparable » suffisant pour suspendre l'application immédiate de la loi. Les articles attaqués sont essentiellement les articles 142 (allocation d'insertion ramenée de 36 à 12 mois), 169 (durée des allocations de chômage) et 207, 209, 212 et 216 (dispositions transitoires). L'arrêt ne préjuge pas du fond : la procédure d'annulation reste pendante des deux côtés et aucune date d'audience n'a été fixée pour les débats sur le recours en annulation lui-même. Une analyse plus approfondie pourrait conduire à une annulation partielle ou totale.
Le 30 juin 2025, lors d'un débat organisé par la CSC Bruxelles, les présidents et présidentes de CPAS de Saint-Gilles (Myriem Amrani, PS), Forest (Séverine de Laveleye, Ecolo) et Bruxelles-Ville (David Weytsman, MR) avaient exposé publiquement leurs analyses. Les positions sont divergentes — Amrani et de Laveleye dénoncent une mesure « injuste, inefficace et ingérable », Weytsman soutient l'objectif d'activation tout en plaidant un accompagnement renforcé — mais les trois s'accordent sur le constat opérationnel : les CPAS bruxellois absorbent un choc dont le fédéral leur a délégué l'exécution sans en maîtriser la temporalité.
Le personnel — La digue craque
L'effectif consolidé des 19 CPAS bruxellois est d'environ 6 500 ETP, soit un ordre de grandeur comparable à celui de la STIB ou d'un grand hôpital régional.
Plusieurs notes syndicales documentent depuis fin 2024 une surcharge devenue insoutenable. La CGSP-ALR publie en décembre 2024 une note alertant sur le ratio bénéficiaires/assistant social et sur la dégradation des conditions d'accueil. La FGTB Bruxelles publie en avril 2025 une analyse sur le sous-financement structurel et le turnover. La CSC Bruxelles a tenu débat avec les présidents de CPAS le 30 juin 2025 et organisé une marche contre la réforme « Arizona » le 28 avril 2025.
L'attention publique sur la sécurité du personnel s'est cristallisée autour d'un événement à Anderlecht le 25 mars 2026 (incident grave dans un CPAS bruxellois, déjà documenté dans la carte domaine social). Les fédérations syndicales et la Fédération des CPAS demandent depuis lors des dispositifs structurels d'accompagnement et de protection.
À cela s'ajoute une difficulté de fond : la fonction d'assistant social est en pénurie en Région bruxelloise. Recruter 300 nouveaux assistants sociaux à Bruxelles d'ici fin 2026, alors que la formation initiale produit un nombre limité de profils par an, suppose soit de revoir les critères d'embauche (ce qu'envisagent plusieurs CPAS, en valorisant les compétences transférables plutôt que la formation strictement disciplinaire), soit d'élargir les voies d'accès (mentorat, formation interne intensive). Aucune de ces voies n'est neutre opérationnellement.
Les données les plus récentes consolidées par Bruxelles Pouvoirs locaux (Focus #14, situation au 30 juin 2023) confirment plusieurs traits structurels :
- 81 % des agents CPAS sont contractuels (contre 64 % dans les communes), ce qui rend les administrations CPAS particulièrement dépendantes des marchés du travail social pour reconstituer leurs équipes
- 17 % des agents CPAS sont sous contrat dans le cadre d'une subvention (vs 11 % dans les communes), soit une exposition forte aux décisions fédérales et régionales sur les enveloppes de subventionnement (article 60 §7, ACS, etc.)
- Plus d'un tiers des agents CPAS sont de niveau B, principalement des assistants sociaux et des infirmiers — métiers au cœur de la mission, donc en concurrence directe avec les recrutements 2026 décrits au choc 3
- 70 % des agents sont des femmes (vs 55 % dans les communes)
- 62 % des agents résident en Région bruxelloise (vs 67 % dans les communes), avec une part de Bruxellois plus élevée chez les contractuels que chez les statutaires
- Les dépenses de personnel sont le deuxième poste de dépenses courantes des CPAS, juste derrière le versement des aides sociales — toute pression sur l'enveloppe personnel se ressent immédiatement sur la capacité d'accompagnement.
À ce tableau s'ajoute une pyramide des âges inversée chez les statutaires : ceux-ci sont en moyenne plus âgés que les contractuels et leur structure démographique fait peser un risque de financement sur le système de pension du personnel local. Bruxelles Pouvoirs locaux qualifie ce point de « problème important pour le financement du système de pension du personnel nommé des pouvoirs locaux » — un risque structurel parallèle à la question du chômage (voir le choc 1 sur les pensions).
Diversité communale — Le gradient des dix-neuf réalités
Parler des « CPAS bruxellois » au pluriel ne suffit pas : entre les communes, l'écart est considérable. Le plus petit CPAS, Koekelberg, compte 88 ETP. Le plus important, Bruxelles-Ville, en compte 1 690. Cette asymétrie d'effectifs reflète des asymétries de demande (densité de population précarisée) et des asymétries de capacité fiscale (assiette communale).
Bruxelles-Ville sert ici de cas-pivot précisément parce que la commune communique abondamment. Budget 2025 équilibré à 461,6 millions d'euros (pour le seul CPAS), avec une dotation de la Ville à hauteur de 105 millions d'euros (en hausse de 3,5 % par rapport à 2024) et 53 millions d'euros d'investissements. Plan de renforcement annoncé en janvier 2026 : 500 000 € supplémentaires pour les équipes d'assistants sociaux, 800 activations en article 60 §7, trois nouvelles antennes, 3 550 nouveaux bénéficiaires attendus, 6 000 personnes accompagnées sur l'année.
La nouvelle majorité communale issue des élections d'octobre 2024, sous la présidence de David Weytsman au CPAS depuis février 2025, a parallèlement imposé 25 millions d'euros d'économies sur le budget 2025 du CPAS, notamment via une mutualisation des fonctions transversales entre la Ville et le CPAS (logistique, informatique). Ces économies s'inscrivent dans un effort plus large de 100 millions à l'échelle de la Ville (sources : RTBF 5 décembre 2025 ; L'Avenir 5 décembre 2025). C'est le CPAS le plus visible, ce n'est pas le plus représentatif.
Plus exposées au choc structurel : Anderlecht, Molenbeek-Saint-Jean, Saint-Josse-ten-Noode, Saint-Gilles, Forest, Schaerbeek. Moins exposées : Woluwe-Saint-Pierre, Watermael-Boitsfort. Le gradient communal du statut BIM (de 9 % à Woluwe-Saint-Pierre à 48 % à Molenbeek selon les données INAMI/AIM, voir dossier BIM) est un indicateur fiable de la pression CPAS — sans être la pression elle-même, qui dépend aussi du tissu associatif local et des marges budgétaires de la commune. Plusieurs CPAS bruxellois — dont Schaerbeek — ont mis en place dès l'hiver 2025-2026 des permanences hebdomadaires dédiées aux exclus du chômage pour absorber l'afflux et expliquer le nouveau cadre légal aux personnes qui basculent depuis l'ONEM.
Ce dossier reste pour l'instant régional. Une phase 2 prévoit d'enrichir chacune des 19 commune-cards avec un bloc CPAS chiffré (budget, RIS, antennes, président·e), une fois ce dossier régional publié.
Ce qu'on surveille
Cinq questions structurent le suivi par BGM. Elles seront mises à jour en continu via la veille quotidienne et signalées dans les digests hebdomadaires.
- Recours au Conseil d'État sur la subvention PASen cours
Recours en annulation déposé fin 2025 par plusieurs CPAS bruxellois ; toujours pendant
15 décembre 2025
- Versement des 26 M€ fédéraux 2025 aux CPASà suivre
Versés le 21/01/2026 (AR du 18/01/2026 ; publication Moniteur belge le 26/01/2026 ; communication « 26M/numéro d'ordre »)
21 janvier 2026
- Recours à la Cour constitutionnelle sur la réforme du chômage (deux fronts)en cours
Arrêt n° 11/2026 du 15/01/2026 : suspension rejetée. Recours en annulation toujours pendants côté 4 CPAS (Saint-Gilles, Forest, Mons, Andenne) et côté 14 ASBL + 4 associations de fait + 9 personnes physiques + front commun syndical (CSC, FGTB, CGSLB)
15 janvier 2026
| Procédure | Dernier événement | Statut |
|---|---|---|
| Recours au Conseil d'État sur la subvention PAS | Recours en annulation déposé fin 2025 par plusieurs CPAS bruxellois ; toujours pendant 15 décembre 2025 | en cours |
| Versement des 26 M€ fédéraux 2025 aux CPAS | Versés le 21/01/2026 (AR du 18/01/2026 ; publication Moniteur belge le 26/01/2026 ; communication « 26M/numéro d'ordre ») 21 janvier 2026 | à suivre |
| Recours à la Cour constitutionnelle sur la réforme du chômage (deux fronts) | Arrêt n° 11/2026 du 15/01/2026 : suspension rejetée. Recours en annulation toujours pendants côté 4 CPAS (Saint-Gilles, Forest, Mons, Andenne) et côté 14 ASBL + 4 associations de fait + 9 personnes physiques + front commun syndical (CSC, FGTB, CGSLB) 15 janvier 2026 | en cours |
- Décision du Conseil d'État sur la subvention PAS. Calendrier d'audience non public à la rédaction. Une annulation imposerait au fédéral de réinscrire la subvention au budget ou de la requalifier ; un rejet entérinerait la suppression et déplacerait définitivement la charge.
- Compensations chômage 2027-2029 : suffisantes ou pas ? L'écart 234 M€ vs 300 M€ se résoudra dans les 18 prochains mois selon que les hypothèses de retour à l'emploi du gouvernement se vérifient ou non. La Cour des comptes a déjà battu en brèche le calcul fédéral dans son rapport 2026 sur le projet de budget.
- Décision de la Cour constitutionnelle sur le fond. L'arrêt 11/2026 du 15 janvier 2026 a rejeté la demande de suspension mais ne préjuge pas du fond. La procédure d'annulation reste pendante des deux côtés et aucune date d'audience n'a été fixée. Une annulation partielle ou totale demeure possible.
- Recrutements tenus. Le plan annoncé (2 000 postes nationaux, 550 bruxellois dont 306 AS et 245 administratifs selon Brulocalis) sera tenu si la formation et les conditions de travail suivent. Sinon, l'absorption restera théorique.
- Réponse politique aux 1,7 milliard demandés par Brulocalis et la Conférence des bourgmestres. Une compensation à hauteur de 26,7 % du besoin documenté n'est pas tenable structurellement ; la Région et le fédéral devront se positionner. À surveiller en particulier le sort de Housing First et MIRIAM, dont Brulocalis signale les incertitudes.
Une question résiduelle reste ouverte côté monitor : le contenu exact de l'ultimatum Brulocalis d'octobre 2025 n'a pas pu être vérifié à la source (anti-bot bloquant). Il reste à clarifier si une dotation Cocom distincte (au-delà des 26 M€ fédéraux 2025, désormais versés) faisait partie de la demande. Cette ouverture est volontairement laissée visible : un dossier institutionnel à fort enjeu vit mieux avec ses incertitudes signalées qu'avec des affirmations non sourçables.
Domaines liés
Communes liées
Sources
- Loi organique des CPAS du 8 juillet 1976 (Justel — texte consolidé)
- SPP Intégration sociale — Décision du gouvernement fédéral concernant la compensation des CPAS
- SPP Intégration sociale — Nouvelles FAQ sur la subvention CPAS dans le cadre de la réforme du chômage (AR du 18/01/2026)
- UVCW — Réforme chômage : entrée en vigueur de la loi du 17/11/2025 relative aux compensations octroyées aux CPAS
- Cour constitutionnelle — Arrêt n° 11/2026 du 15 janvier 2026 (rejet de la demande de suspension de la réforme du chômage)
- Brulocalis — Réforme du chômage : impacts et compensations pour les CPAS bruxellois (Trait d'Union 144, juil-août-sept 2025)
- Bruxelles Pouvoirs locaux — Focus #14 : Le personnel des communes et CPAS bruxellois (situation au 30/06/2023, publié février 2025)
- RTBF — La Ville de Bruxelles présente un budget 2025 rigoureux mais ambitieux
- L'Avenir — Budget annoncé à l'équilibre à la Ville de Bruxelles, baisses IPP et précompte immobilier (5 décembre 2025)
- CPAS de Schaerbeek — Page d'information « Exclu chômage »
- SPP Intégration sociale — MediPrima
- Cocom — Compétences santé et aide aux personnes
- Cocof — Compétences
- Bruxelles Pouvoirs locaux — Mémorandum 2024-2029 du financement des pouvoirs locaux
- Bruxelles Pouvoirs locaux — Le personnel des CPAS bruxellois (situation au 30 juin 2023)
- Bruxelles Pouvoirs locaux — Comptes et budgets des CPAS bruxellois (plan triennal 2022-2024 + budget 2025)
- IBSA — Centres publics d'action sociale (CPAS)
- IBSA — Finances des CPAS bruxellois
- indicators.be — Personnes bénéficiant d'un revenu d'intégration sociale (i05)
- UVCW — Réforme du chômage : le point sur les compensations octroyées aux CPAS
- BX1 — Plusieurs CPAS bruxellois au Conseil d'État contre l'abandon du subside fédéral PAS
- RTBF — L'abandon du subside fédéral PAS dénoncé au Conseil d'État
- RTBF — Après la suppression des subsides du plan grand froid, le Fédéral annule les subsides PAS aux CPAS
- Chambre fédérale — Réponse de la ministre de l'Intégration sociale à Marie Meunier (séance du 5 novembre 2025, intervention 04.04)
- 21news — Fin d'une subvention fédérale de 15 millions : le gouvernement assume, les CPAS bruxellois contestent
- Les Engagés — Compensation de 26 millions pour les CPAS, feu vert en Commission des Finances
- La Libre — Les CPAS attendent toujours la compensation promise par le fédéral pour 2025 (7 janvier 2026)
- RTBF — Réforme du chômage : les CPAS attendent toujours la compensation 2025 (7 janvier 2026)
- BX1 — Les communes bruxelloises dénoncent 1,7 milliard d'euros de charges reportées (11 mars 2026)
- DH — 1,7 milliard d'euros de besoins pour les pouvoirs locaux bruxellois (11 mars 2026)
- L'Avenir — Besoin de 1,7 milliard pour les communes bruxelloises (12 mars 2026)
- BX1 — Sébastien Lepoivre, nouveau président de la Fédération des CPAS bruxellois
- RTBF — Sébastien Lepoivre, nouveau président de la Fédération des CPAS bruxellois
- BX1 — CPAS de Bruxelles-Ville s'organisent face à la réforme du chômage (10 septembre 2025)
- Guide Social — Travailler en CPAS après la réforme du chômage : 2 000 postes à pourvoir face à la pression (27 janvier 2026)
- CSC Bruxelles — Débat sur la réforme du chômage : les CPAS bruxellois sous pression (30 juin 2025)
- BX1 — Saint-Gilles et Forest demandent à la Cour constitutionnelle l'annulation de la réforme du chômage
- BDO — Réforme du chômage : les CPAS en première ligne dès 2026
- 21news — Recours au Conseil d'État sur la subvention PAS (15 décembre 2025)
- CPAS de Bruxelles-Ville — Budget 2025 (461,6 M€)
- MR — Tournant structurel pour le CPAS de Bruxelles-Ville (9 janvier 2026)
- Ensemble! — Qui sont les travailleuses et travailleurs des CPAS bruxellois ? (Yves Martens, décembre 2022)
- Diogenes asbl — L'Aide médicale urgente à Bruxelles
- Médimmigrant — L'aide médicale du CPAS
- Brupartners — Avis et contributions
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