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Brussels Governance Monitor

Social : 10M pour les gares, commissaire drogue, services protégés

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Ce dossier avance normalement dans le cadre actuel.

Estimation BGM
À jour ·

La réforme fédérale du chômage (185 700 exclusions nationales, ~42 000 à Bruxelles) met les CPAS sous pression — agression au CPAS d'Anderlecht le 25 mars. Paquet social d'urgence : 325 places sans-abri sécurisées. AROPE : 37,3 % des Bruxellois en risque de pauvreté. Kanal sauvé (60M EUR).

SeniorsPMR / HandicapJeunesseFamillesPrimo-arrivantsSans-abriGenreCoût de la viePrécarité
En bref (lecture facile)

Le nouveau gouvernement investit dans la sécurité des gares et crée un commissaire aux drogues. Les services pour les sans-abri et les personnes en difficulté sont protégés.

Chiffres cles

Douzièmes provisoires

Financement COCOM

47 304au 01/01/2025 (Bruxelles) — > Flandre 45 616 malgré 5× moins d'habitants

Bénéficiaires du RIS

23%Bruxelles — vs 7 % Flandre, 13 % Wallonie (marge statistique vs 28 % en 2023)

Pauvreté (risque monétaire)

~7%vs 3 % en 2002 ; >1 adulte/10 à Molenbeek et Saint-Josse

RIS — part 18-64 ans

55 572ménages (+78 % en 15 ans, délais > 10 ans)

Logement social — liste d'attente

Accord de gouvernement : les engagements annoncés

L'accord du 12 février 2026 prévoit des mesures sociales et sécuritaires transversales :

  • 10 millions EUR pour la sécurisation des gares du Midi et du Nord (caméras, police, nettoyage, accompagnement des personnes précaires)
  • Commissaire régional aux drogues : création d'une fonction dédiée
  • Protection des services sociaux : sans-abri, addictions, accompagnement confirmés
  • Rôle sécuritaire renforcé du ministre-président
  • Kanal sauvé : 60 millions EUR pour l'ouverture du musée (budget annuel dégressif, recherche de revenus propres)

Points d'attention : les détails COCOM (santé bicommunautaire) n'ont pas encore été publiés, et les coupes budgétaires en santé restent en négociation. La pression sur les CPAS liée à la réforme du chômage (>1 milliard EUR cumulé) devra être absorbée par le nouveau cadre budgétaire.

Égalité des chances (DPR, chapitre 12)

La DPR consacre un chapitre à l'égalité des chances et à la lutte contre les discriminations :

  • Gender mainstreaming : intégration de la dimension de genre dans toutes les politiques régionales
  • Plan anti-discrimination : plan régional de lutte contre les discriminations, incluant un volet testing
  • Testing discriminations logement : mécanisme de contrôle des pratiques discriminatoires sur le marché locatif
  • Plan d'action LGBTQI+ : plan régional dédié
  • Handistreaming : intégration du handicap dans toutes les politiques (au-delà du dossier accessibilité PMR)

Ces engagements sont inscrits dans la DPR mais n'ont pas encore fait l'objet d'ordonnances ou d'arrêtés d'exécution.

Santé et prévention (DPR, chapitre 11)

La DPR prévoit des mesures complémentaires en matière de santé :

  • Médibus : bus médical mobile pour atteindre les populations éloignées des soins dans les quartiers mal desservis
  • Health in All Policies (HIAP) : intégration de la dimension santé dans toutes les politiques régionales (urbanisme, mobilité, logement)
  • Aide alimentaire : structuration régionale de l'aide alimentaire, avec un cadre coordonné pour les initiatives locales et associatives

Ces engagements sont inscrits dans la DPR mais n'ont pas encore fait l'objet de mesures d'exécution.

Réforme du chômage : impact sur les CPAS bruxellois

Pour la couche institutionnelle complète — sous-financement chronique, retrait de la subvention PAS et recours pendants au Conseil d'État, absorption opérationnelle de la réforme, projection Brulocalis ~146 M€/an, arrêt 11/2026 du 15 janvier 2026 — voir le dossier dédié CPAS bruxellois : trois autorités, un opérateur, trois chocs simultanés.

De quoi s'agit-il ?

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, les allocations de chômage sont limitées à deux ans maximum en Belgique. Les personnes qui dépassent ce seuil perdent leur droit aux allocations. La mesure s'applique en quatre vagues à Bruxelles :

  • 1ᵉʳ janvier 2026 : personnes avec plus de 20 ans d'inoccupation — 5 101 Bruxellois·e·s
  • 1ᵉʳ mars 2026 : personnes avec 8 à 20 ans d'inoccupation — 12 399 Bruxellois·e·s
  • 1ᵉʳ avril 2026 : personnes avec 2 à 8 ans d'inoccupation — 11 806 Bruxellois·e·s
  • 1ᵉʳ juillet 2026 : personnes avec deux ans d'inoccupation — 6 493 Bruxellois·e·s

Au total, 185 700 personnes perdront leurs allocations entre janvier 2026 et juillet 2027 en Belgique. En Région bruxelloise, 35 799 personnes seront exclues en 2026 (88 % d'une projection ONEM totale de 40 775 incluant la vague de juillet 2027), selon les chiffres ONEM transmis à Brulocalis.

Que deviennent les personnes exclues ?

Le gouvernement fédéral a budgétisé la réforme sur l'hypothèse que, parmi les exclus, un tiers retrouverait un emploi, un tiers passerait au CPAS (revenu d'intégration sociale) et un tiers disposerait de ressources suffisantes (conjoint, épargne). Plusieurs sources contredisent cette projection :

  • Banque nationale de Belgique : le retour à l'emploi concernerait 10 à 20 % des exclus, pas 33 %
  • Vivalis (étude basée sur les données BCSS, mars 2025) : parmi les 24 700 exclus de moins de 55 ans, 21 % retrouveraient un emploi, 32 % passeraient au CPAS, 42 % se retrouveraient sans revenu identifiable et 5 % basculeraient vers l'assurance maladie-invalidité
  • Cour des comptes (février 2026) : l'hypothèse gouvernementale est qualifiée de « pas très réaliste » ; la part basculant vers le CPAS est « probablement sous-estimée »
  • Précédent de 2015 (limitation des allocations d'insertion) : 72 % des exclus n'avaient pas retrouvé d'emploi à 6 mois

Bruxelles particulièrement exposée

Bruxelles représente environ 10 % de la population belge, mais concentrerait un tiers des bénéficiaires du revenu d'intégration et un tiers des personnes sans revenu issus de la réforme (Vivalis). Le nombre de bénéficiaires du RIS à Bruxelles s'élevait déjà à 46 911 en moyenne annuelle en 2024 (IBSA), en hausse de 12 % depuis 2020. Les communes les plus touchées sont Saint-Josse-ten-Noode, Molenbeek-Saint-Jean, Saint-Gilles et Bruxelles-Ville, où près de 4 % de la population sont concernés.

Données divergentes : pourquoi les chiffres ne concordent pas

Les premières données officielles du SPP Intégration sociale indiquent que 20 à 27,5 % des exclus de janvier se sont adressés aux CPAS. Cependant, les CPAS de terrain rapportent des taux de présentation au guichet de 40 à 50 %, voire davantage à Bruxelles. L'écart s'explique par la nature des données : les chiffres du SPP comptabilisent les dossiers administrativement encodés (données de paiement ou d'encodage), tandis que les CPAS comptent les personnes qui se présentent au guichet, y compris celles en cours d'instruction ou en attente. Le délai entre la demande et l'encodage est de plusieurs semaines.

Le point aveugle : le non-recours

Sans croisement systématique des bases de données (ONEM, ONSS, mutualités, CPAS) via la Banque Carrefour de la Sécurité Sociale (BCSS), il est impossible de déterminer ce que deviennent les personnes qui ne se présentent pas au CPAS : emploi, travail non déclaré, dépendance financière d'un proche, départ du territoire ou non-recours aux droits. Le non-recours aux droits sociaux à Bruxelles est un phénomène structurel documenté par Vivalis dès 2016 dans un rapport thématique consacré à la sous-protection sociale en Région bruxelloise. L'étude Vivalis de 2025 est la seule à avoir croisé les données BCSS pour projeter les parcours des exclus bruxellois ; elle estime que 42 % des exclus de moins de 55 ans se retrouveraient sans aucun revenu identifiable.

Impact budgétaire

Le gouvernement fédéral a prévu 300 millions EUR de compensation pour les CPAS en 2026. Selon la Cour des comptes, cette enveloppe couvrirait les besoins pour 2026 mais s'avérerait insuffisante pour les années suivantes, avec des dépenses estimées à 709 millions EUR en 2029. Le coût cumulé pour l'ensemble des CPAS belges est estimé entre 631 millions et plus d'un milliard EUR sur la législature.

Sources : ONEM ; SPP Intégration sociale ; Vivalis (mars 2025) ; Cour des comptes (fév. 2026) ; UVCW ; IBSA ; RTBF (mars 2026).

Tensions sur le terrain (mars 2026)

La deuxième vague d'exclusions (1er mars 2026, personnes avec 8 à 20 ans d'inoccupation) provoque un afflux croissant vers les CPAS bruxellois. Les communes dénoncent une réforme fédérale « imprécise, avec des moyens insuffisants » pour absorber les personnes exclues du chômage.

Le 25 mars 2026, un individu a agressé un agent de sécurité du CPAS d'Anderlecht ainsi que deux policiers de la zone Bruxelles-Midi. Le CPAS a été fermé l'après-midi du 25 mars. Cet incident illustre la pression croissante sur les services sociaux communaux, confrontés à un afflux de demandeurs sans renforcement proportionnel des effectifs ni des moyens de sécurité.

Des oppositions légales à la réforme fédérale sont en cours devant le Conseil d'État.

Rappel institutionnel : la limitation des allocations de chômage est une mesure du gouvernement fédéral. Les CPAS, qui relèvent des communes, doivent absorber les personnes exclues sans disposer de leviers sur la politique fédérale de l'emploi. Le gouvernement régional bruxellois n'a pas de compétence directe sur les allocations de chômage, mais subit l'impact via ses CPAS et ses services sociaux.

Consommation de drogues : Bruxelles pas « épicentre » du crack (mars 2026)

Le 11 mars 2026, Sciensano a publié la première cartographie nationale de la consommation de drogues basée sur l'analyse des eaux usées (17 stations d'épuration, 111 communes, 28 % de la population, échantillons du 24 au 30 mars 2025).

Résultats pour Bruxelles :

  • Bruxelles n'est pas l'épicentre du crack — contrairement au narratif médiatique dominant. La station d'épuration Anvers-Sud enregistre les concentrations les plus élevées de crack, suivie de Charleroi, Namur et Arlon
  • Le crack a été détecté dans 11 des 17 stations d'épuration, dans les trois régions du pays
  • 27 % des traitements en assuétudes à Bruxelles mentionnent le crack (contre 15 % en Wallonie et 6 % en Flandre)
  • Pour la cocaïne (distincte du crack), Anvers-Sud est également en tête, avec Bruxelles-Nord en deuxième position

Ces données nuancent significativement l'image de Bruxelles comme « capitale du crack ». Il n'existe pas de profil type du consommateur de drogues, selon Sciensano. La campagne de surveillance sera reconduite en 2026.

Sources : Sciensano ; BX1, RTBF, La Libre, DH (11 mars 2026).

Agents contractuels subventionnés (ACS)

Le mécanisme ACS finance environ 10 000 postes dans le secteur non marchand bruxellois (~6 700 actifs), pour un budget de ~250 millions EUR/an. Aucun nouveau poste n'a été créé depuis 2007. Le 3 février 2026, le secteur non marchand a manifesté pour réclamer un refinancement. La DPR prévoit la poursuite de la réforme engagée en 2015.

Source : Actiris / DPR, 2026.

Précarité : Mini-Bru IBSA 2026

Le Mini-Bru 2026 confirme la situation de précarité structurelle à Bruxelles :

IndicateurBruxelles (2024)Belgique
Risque de pauvreté26,3 %
AROPE (pauvreté ou exclusion sociale)37,3 %
Bénéficiaires revenu d'intégration (18-64)45 576
Part population 18-64 au CPAS5,6 %
GRAPA (revenu garanti personnes âgées)23 503
Remboursement majoré soins de santé352 839 (28,2 %)

Plus d'un Bruxellois sur trois (37,3 %) est en situation de risque de pauvreté ou d'exclusion sociale (AROPE), le taux le plus élevé des trois régions.

Source : BISA Mini-Bru 2026 (EU-SILC, Statbel, CBSS, données 2024).

Paquet social-santé d'urgence (19 mars 2026)

Le conseil des ministres du 19 mars 2026 a approuvé un ensemble de mesures d'urgence pour les personnes sans abri, portées par les ministres Laaouej (PS) et De Smedt (Anders) :

Hébergement — 325 places sécurisées :

  • Marie-Curie I (Anderlecht) : 185 places prolongées jusqu'au 30 juin 2026 (dont 73 enfants)
  • Evere : 40 places maintenues jusqu'à fin 2026
  • Schaerbeek : 60 places maintenues jusqu'à fin 2026
  • 40 nouvelles places en logement semi-autonome pour familles

Ces places étaient menacées de fermeture au 31 mars 2026.

Santé — relance de l'équipe Cover :

  • Suivi de ~2 000 personnes sur 50 sites précaires (squats, stations de métro)
  • Maraudes sanitaires en métro reprises
  • L'équipe Cover avait été suspendue suite à la fermeture du Centre Athéna

Accès aux soins — dispositif RMP temporaire :

  • Partenariat Croix-Rouge + Médecins du Monde
  • Prise en charge médicale des personnes sans couverture

Sources : RTBF / Belga, BRUZZ (19-20 mars 2026).

Participation citoyenne

Le Parlement bruxellois a mené six commissions délibératives entre 2021 et 2024, dont une sur le sans-abrisme (2021, ~35 recommandations). Des budgets participatifs existent dans plusieurs communes. Le mécanisme AGORA (assemblée citoyenne permanente pour le climat) est inactif depuis 2024.

Source : Parlement bruxellois, 2021-2026.

Baromètre social 2025 Vivalis (15 avril 2026)

Le 15 avril 2026, l'Observatoire de la Santé et du Social (service d'études de Vivalis) publie le Baromètre social 2025 — rapport de référence sur l'état de la pauvreté et des inégalités sociales de santé en Région bruxelloise.

Pauvreté monétaire : 23 % de la population bruxelloise est en risque de pauvreté, contre 7 % en Flandre et 13 % en Wallonie. La baisse apparente par rapport à 2023 (28 %) reste dans la marge d'erreur statistique.

Revenu d'intégration (RIS) : 47 304 bénéficiaires au 1er janvier 2025 — plus qu'en Flandre (45 616) malgré une population cinq fois moindre ; la Wallonie en compte 77 207. Parmi les 18-64 ans, la part des bénéficiaires est passée de 3 % en 2002 à près de 7 % en 2025. À Molenbeek et Saint-Josse, plus d'un adulte sur dix reçoit le RIS.

Géographie de la pauvreté : six des dix communes aux revenus les plus modestes de Belgique se situent à Bruxelles — Saint-Josse, Molenbeek, Anderlecht, Koekelberg, Schaerbeek et la Ville de Bruxelles. À l'intérieur même de la Région, les taux de pauvreté varient du simple au triple selon les communes.

Enfants : 1 enfant bruxellois sur 3 vit en situation de pauvreté.

Logement — indicateur le plus dégradé :

  • 55 572 ménages en liste d'attente pour un logement social (+78 % en 15 ans), délais souvent supérieurs à 10 ans
  • 24 % des Bruxellois habitent un logement insalubre
  • 30 % sont en habitat surpeuplé (dont 50 % des ménages avec enfants)
  • Les 2 % les plus pauvres consacrent plus de 50 % de leurs revenus au loyer, ce qui leur laisse environ 10 € par personne et par jour pour vivre

Populations très vulnérables :

  • ~50 000 personnes sans papiers (≈ 4 % de la population)
  • 9 777 personnes sans abri ou en habitat précaire (dénombrement Bruss'Help nov. 2024), en hausse de 25 % en deux ans

Inégalités de santé :

  • Écart d'espérance de vie d'environ 5 ans entre les communes les plus aisées et les plus pauvres
  • Diabète trois fois plus fréquent parmi les 20 % les plus pauvres
  • 1 Bruxellois sur 5 présente des symptômes d'anxiété ou de dépression

Sources : RTBF — La précarité augmente à Bruxelles, plusieurs indicateurs du baromètre social (15 avril 2026) ; Vivalis — Observatoire de la Santé et du Social. Confiance : official.

Étudiants en revenu d'intégration (15 avril 2026)

Le 15 avril 2026, BRUZZ publie, sur base des données du SPP Intégration sociale, le nombre d'étudiants majeurs qui poursuivent leurs études avec un revenu d'intégration (RIS) attribué par un CPAS :

RégionÉtudiants au RIS
Bruxelles14 246
Flandre10 064
Wallonie18 421

Bruxelles compte ainsi plus d'étudiants au RIS que la Flandre entière, malgré une population environ cinq fois moindre — conséquence directe de la concentration de la pauvreté dans la Région (voir Baromètre social 2025 ci-dessus). En Flandre, le nombre d'étudiants au RIS a progressé de +14 % en cinq ans (Gand : 1 203 ; Malines : 584 ; Anvers : 546).

Rappel institutionnel : le RIS, attribué par le CPAS, s'élève actuellement à 1 340 € par mois pour une personne isolée. L'étudiant majeur sans soutien familial peut en bénéficier, sous contrat comprenant des exigences de progression des études (heures de travail, suivi par un assistant social). La prestation peut être suspendue si le parcours ne progresse pas.

Source : BRUZZ — Bruxelles compte plus d'étudiants en RIS que la Flandre entière (15 avril 2026). Confiance : official (données SPP Intégration sociale).

Iriscare : 130 places de convalescence (avril 2026)

Iriscare (COCOM) a lancé le 1er avril 2026 un appel à projet pour la création de 130 lits de convalescence en Région bruxelloise (clôture : 15 mai 2026). L'objectif est de structurer une offre intermédiaire entre l'hôpital et le domicile, aujourd'hui inexistante à Bruxelles.

Financement : cofinancement INAMI (28,40 EUR/jour/patient, convention standard) + Iriscare (frais de fonctionnement). Enveloppe régionale : 250 000 EUR (1 923 EUR/lit/an).

Objectifs : améliorer la continuité des soins hôpital-domicile, réduire les séjours hospitaliers prolongés, offrir une alternative qualitative à la rééducation.

Rappel institutionnel : Iriscare est une institution de la COCOM (Commission communautaire commune), compétente en matière de santé et d'aide aux personnes sur le territoire bilingue de Bruxelles-Capitale.

Source : Iriscare, 1er avril 2026. Confiance : official.

Iriscare : cartographie des besoins en maisons de repos (8 avril 2026)

Le 8 avril 2026, Iriscare a publié les premiers résultats d'une enquête menée auprès des 118 maisons de repos bruxelloises — soit la totalité du parc agréé par la COCOM. Les questionnaires ont été remplis par les infirmières et infirmiers en chef, premiers acteurs disposant d'une vue d'ensemble sur les besoins des résidents.

Constat principal : les besoins en soins se diversifient et se complexifient. Les résidents cumulent de plus en plus fréquemment troubles psychiques, troubles cognitifs, dépendances, handicaps et vulnérabilités sociales. La direction générale d'Iriscare décrit des besoins « très divergents et souvent complexes » et appelle à dépasser la seule lourdeur médicale pour intégrer une dimension psychosociale et sociale dans l'évaluation.

Objectif affiché : mieux quantifier la complexité des profils pour aligner financement et personnel sur la réalité du terrain. À ce stade, l'enquête constitue une base d'objectivation — aucune décision budgétaire n'y est associée. Iriscare finance 211 établissements pour aînés en Région bruxelloise (541 M EUR en 2024).

Source : Iriscare — Cartographie des besoins en maisons de repos (8 avril 2026). Confiance : official.

Samusocial — projet « Nozat » : consommation encadrée d'alcool au centre femmes (20 avril 2026)

Le lundi 20 avril 2026, le Samusocial lance un projet pilote intitulé « Nozat » au centre d'accueil pour femmes : la consommation de bière et de vin (uniquement) est désormais autorisée dans les espaces communs du rez-de-chaussée. Les boissons sont stockées dans un frigo verrouillé et la consommation reste interdite dans les chambres. Un accompagnant supplémentaire est présent pendant trois mois pour évaluer le dispositif.

Justification (Sarah de Liamchine, directrice générale du Samusocial) : « Pour les femmes accueillies, ces moments sont simplement impossibles. L'interdiction stricte peut être vécue comme infantilisante. »

Objectifs énoncés :

  • Réduction des risques : éviter les consommations rapides et dissimulées avant l'arrivée au centre ou avant le couvre-feu nocturne
  • Humanisation de l'accueil : reconnaître l'autonomie des personnes accueillies
  • Prévention : permettre un accompagnement et un dialogue sur les consommations problématiques, plutôt qu'une prohibition aveugle

Pas de changement de capacité d'accueil ni de financement associé. Le dispositif sera évalué à l'issue des trois mois.

Rappel institutionnel : le Samusocial est une asbl de la COCOM (Commission communautaire commune — bicommunautaire bruxelloise). Il gère la principale infrastructure d'hébergement d'urgence pour personnes sans abri à Bruxelles.

Source : L'Avenir (20 avril 2026). Confiance : official.

3e vague de la réforme du chômage : 11 215 Bruxellois exclus (1er avril 2026)

Le 1er avril 2026, la 3e vague de la réforme fédérale du chômage est entrée en vigueur. C'est la plus importante : 47 691 personnes perdent leurs allocations au niveau national, dont 11 215 Bruxellois (chômeurs inscrits depuis 2 à 8 ans).

Impact CPAS : selon le SPP Intégration sociale, 41,5 % des exclus bruxellois basculent vers les CPAS pour un revenu d'intégration (contre 55,4 % en Wallonie et 38,1 % en Flandre). Pour les allocations d'insertion : 19,6 % à Bruxelles (30,3 % en Wallonie, 12 % en Flandre). Ces chiffres, basés sur les vagues 1 et 2, seront stabilisés mi-avril.

Cumul depuis janvier 2026 : entre le 1er janvier et le 1er avril, environ 33 085 Bruxellois ont perdu leurs allocations de chômage (vagues 1 + 2 + 3). La réforme en prévoit 6 vagues jusqu'en juin 2027.

Les communes les plus touchées sont Molenbeek et Saint-Josse, où la combinaison chômage de longue durée + faible qualification + barrière linguistique concentre les exclusions.

Source : BX1 / Le Soir / Moustique / SPP Intégration sociale (1er-2 avril 2026). Confiance : official (SPP, données ONEM).

Évacuation du Hub Humanitaire (21 avril 2026)

Le mardi 21 avril 2026, la Ville de Bruxelles, en concertation avec Bruss'help, a procédé au matin à l'évacuation des tentes installées aux abords du Hub Humanitaire (avenue du Port). La Ville invoque une dégradation de la situation : problèmes d'hygiène (rats signalés), incidents, tensions sur le site.

Les occupants avaient été informés préalablement et orientés vers des solutions d'hébergement d'urgence. Selon l'article, plusieurs personnes restées sur place le matin même ont refusé les orientations proposées.

Médecins du Monde a publiquement critiqué une intervention qui « n'apporte aucune solution à long terme » au phénomène de sans-abrisme adossé au Hub Humanitaire.

Le Hub Humanitaire est une structure d'accueil pour personnes en errance migratoire, cogérée par un consortium associatif. L'évacuation ne concerne pas le Hub lui-même mais le campement qui s'était formé à ses abords.

Contexte — le recensement Bruss'help d'avril 2025 dénombrait 9 777 personnes sans chez-soi en Région bruxelloise, en hausse de 25 % en deux ans (voir section Baromètre social 2025 ci-dessus).

Confiance : unconfirmed (article de presse ; communiqué officiel Ville/Bruss'help pas trouvé au 23 avril). Source : La Libre, 21 avril 2026.

Fracture numérique et accès aux droits (23 avril 2026)

Au-delà des indicateurs socio-économiques, l'accès numérique aux services publics constitue un levier d'inclusion ou d'exclusion structurel. L'ordonnance Bruxelles Numérique (25 janvier 2024) encadre la transition numérique des administrations bruxelloises. Le Baromètre 2022 de la Fondation Roi Baudouin relève que 4 Bruxellois sur 10 sont en vulnérabilité numérique, et 75 % des personnes peu qualifiées rencontrent des difficultés importantes.

Un rassemblement « L'humain d'abord ! » a eu lieu le 23 avril 2026 Place Fernand Cocq à Ixelles (organisé par Lire et Écrire), demandant aux 19 communes de respecter les obligations formelles de maintien des guichets physiques et services téléphoniques.

Le sujet est traité en détail dans la carte digital (cadre juridique, recours constitutionnel, mobilisation associative).

Source : voir carte digital. Confiance : unconfirmed (mobilisation en cours, couverture presse du 23/4 à consolider).

Contexte hérité (juin 2024 – février 2026)

Les CPAS étaient sous pression croissante, les investissements COCOM gelés, les allocations familiales sous tension et la politique sans-abri à l’arrêt. 9 777 sans-abri ont été dénombrés dont 1 678 mineurs.

Lire le contexte complet

Ce que ça signifie concrètement

La DPR prévoit un plan de lutte contre le sans-abrisme, le renforcement des CPAS et des investissements via la COCOM. Le contexte reste critique : 9 777 sans-abri dénombrés dont 1 678 mineurs, et 127 refus d'hébergement par semaine pour les familles.

Ce que BGM ne dit pas

Cette fiche ne préjuge pas de la capacité du gouvernement à résoudre la crise du sans-abrisme. Les CPAS et Iriscare poursuivent leur mission de base. Elle documente les engagements de la DPR et le contexte hérité — le suivi portera sur la mise en œuvre effective des moyens annoncés.

Changement identifié

Vérifiée le 12 mars 2026

Correction factuelle majeure : le chiffre de 8 000 exclus du chômage concernait la seule commune de Bruxelles-Ville, pas la Région. Corrigé en ~42 000 (Actiris). Vérification croisée avec la carte Emploi et les sources primaires (ONEM, Brulocalis, Vivalis).

Prochaine vérification prévue : 12 avr. 2026

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