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Brussels Governance Monitor

Réforme institutionnelle : fusion de 25 structures en 4 piliers

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La DPR prévoit la restructuration la plus ambitieuse de l'appareil régional bruxellois : fusion de 25 structures en 4 piliers (Transversalité, Missions organiques, infrastructure.brussels, Coordination foncière). Les piliers 1 et 2 doivent être opérationnels dès 2026.

BilinguismeParticipation citoyenne
En bref (lecture facile)

Le gouvernement va fusionner 25 organismes régionaux en 4 grandes structures. L'objectif est de réduire les coûts de 20 à 30 % et de simplifier l'administration.

Chiffres cles

25

Structures régionales avant réforme

4piliers (+ entités opérationnelles)

Structures après réforme (piliers)

-20 à -30 %des coûts de fonctionnement

Économies opérationnelles visées

2026opérationnels

Piliers 1 & 2 — échéance

Jusqu'au 1er juin 2026

COCOM — Douzièmes provisoires prolongés

Étapes institutionnelles franchies

Le calendrier institutionnel a franchi les étapes-clés :

  • Lundi 23 février — le ministre-président a présenté la Déclaration de Politique Régionale (DPR) au Parlement bruxellois en séance plénière
  • Lundi 23 février à 16h30 — Ahmed Laaouej (PS) a présenté la Déclaration de Politique Communautaire (DPC) de la Cocof au Parlement francophone bruxellois
  • Vendredi 27 février — vote de confiance au Parlement bruxellois : 51 voix pour (MR, PS, Engagés, Groen, Anders, Vooruit ; CD&V soutien externe), 27 contre (N-VA, DéFI, PTB, Ecolo, TFA). Le gouvernement Dilliès est officiellement en fonction

Cocof : présidence et compétences

L'accord sur la présidence du Parlement francophone bruxellois (assemblée de la Cocof) a été acté le 23 février 2026 :

  • Rudi Vervoort (PS) préside jusqu'au 1er novembre 2027
  • Gladys Kazadi (Les Engagés) lui succède pour le reste de la législature
  • Rémunération : +35 000 EUR/an en plus de l'indemnité de député

La répartition des compétences Cocof fait l'objet de critiques :

CompétenceMinistrePartiTutelle
Emploi & ÉconomieLaurent HubletLes EngagésActiris
Formation professionnelleBoris DillièsMRBruxelles Formation
Cohésion sociale, culture, action socialeAhmed LaaouejPS
Crèches, santé, fonction publique, budgetKarine LalieuxPS

La scission Emploi/Formation place Actiris et Bruxelles Formation sous des tutelles ministérielles différentes — un choix contesté par l'opposition (Bernard Clerfayt, DéFI, rappelle les recommandations de l'OCDE en faveur de l'intégration).

Bilinguisme : engagement et controverse

La DPR inscrit le bilinguisme comme priorité institutionnelle. Le ministre-président a publiquement reconnu sa maîtrise insuffisante du néerlandais, déclarant devoir aux Bruxellois de l'améliorer. La presse néerlandophone a largement couvert cette question, soulignant l'enjeu dans une région officiellement bilingue. Le sujet reste sensible en Région bruxelloise, où le bilinguisme des institutions est une obligation légale.

Le retard dans la finalisation de la version néerlandaise de la DPR — non disponible cinq jours après l'accord, selon BRUZZ (17 février 2026) — a relancé le débat sur le bilinguisme institutionnel. La question linguistique reste un enjeu structurel en Belgique : la Constitution de 1831 n'a disposé d'un texte néerlandais officiel qu'en 1967 — pendant 136 ans, seul le texte français faisait foi. La version allemande n'a été adoptée qu'en 1991.

Taalbarometer VUB/BRIO : 25 ans de recul linguistique

La cinquième édition du Taalbarometer (VUB/BRIO, mai 2024) documente sur 25 ans l'évolution linguistique de Bruxelles :

Indicateur20002024Évolution
Langues parlées à Bruxelles72107+49 %
Connaissance du français~100 %81 %−19 points
Connaissance du néerlandais33 %22,3 %−10,7 points
Connaissance de l'anglais33 %47 %+14 points
Ne parle ni FR, ni NL, ni EN3 %10,5 %×3,5
NL dans les écoles francophones20 %6,5 %−13,5 points

L'anglais dépasse désormais le néerlandais comme deuxième langue connue, tandis que 10,5 % de la population ne maîtrise aucune des trois langues principales (25 % parmi les non-européens). Ce diagnostic factuel éclaire directement les engagements du Masterplan ci-dessous.

Source : Saeys, Laurent Simon & Kavadias, Het Nederlands in een meertalige context, BRIO 2024 ; VRT NWS / BRUZZ (15 mai 2024).

Masterplan Bilinguisme (« Masterplan Tweetaligheid »)

La DPR annonce un Masterplan Bilinguisme transversal, engageant plusieurs axes simultanément :

  • Hôpitaux : chaque établissement hospitalier bruxellois devra soumettre un plan de politique linguistique (« taalbeleidsplan »). Le personnel pourra suivre des formations linguistiques financées. L'objectif est de garantir l'accès aux soins dans les deux langues officielles — un point sensible depuis l'affaire du bébé Cisse (défaut de communication en néerlandais aux urgences).
  • Administration régionale : financement supplémentaire pour les formations linguistiques dans les OIP et le SPRB. Talent.brussels gère déjà les primes bilinguisme (600 à 3 200 EUR/an selon le niveau SELOR/CECRL).
  • Communes et CPAS : accompagnement pour renforcer le bilinguisme dans les services de proximité.
  • Chercheurs d'emploi : test linguistique obligatoire à l'inscription chez Actiris ; formation FR/NL imposée en cas d'échec (voir carte Emploi).

En parallèle, au niveau de la Communauté flamande, la ministre Cieltje Van Achter (N-VA) développe un « totaalplan » distinct via le Huis van het Nederlands pour renforcer l'usage du néerlandais à Bruxelles. Les deux plans (régional et communautaire flamand) se chevauchent sur le terrain mais relèvent de niveaux de pouvoir différents — illustration typique de la complexité institutionnelle bruxelloise.

Présidence et DPR de la COCOF

Le 20 février 2026, le collège de la COCOF a validé la Déclaration de Politique Communautaire (DPC). Ahmed Laaouej (PS) est ministre-président de la COCOF, conformément à l'usage attribuant ce poste au deuxième parti francophone de la coalition. La majorité communautaire se compose du MR, du PS et des Engagés.

La DPC a été présentée au Parlement francophone bruxellois le 23 février 2026. Les priorités annoncées incluent le sous-titrage de BX1 (néerlandais, anglais, accessibilité), la lutte contre le décrochage scolaire, la formation professionnelle, un plan intégré social-santé et l'augmentation des places en crèche.

VGC : collège et compétences

Le collège de la VGC (Vlaamse Gemeenschapscommissie) — organe exécutif de la communauté néerlandophone à Bruxelles — est composé des trois membres néerlandophones du gouvernement bruxellois :

MembrePartiCompétences VGC
Elke Van den Brandt (présidente)GroenBudget, bien-être, santé, famille, politique urbaine
Dirk De SmedtAndersEnseignement, construction scolaire, fonction publique, médias (BRUZZ)
Ans PersoonsVooruitCulture, jeunesse, sport, centres communautaires, vivre-ensemble, diversité

Le Raad (conseil) de la VGC, composé des 17 parlementaires néerlandophones du Parlement bruxellois, est présidé par Benjamin Dalle (CD&V). La ministre flamande Cieltje Van Achter (N-VA), compétente pour Bruxelles, assiste aux réunions du collège avec voix consultative.

Différence structurelle avec la COCOF : contrairement à la COCOF, qui dispose du pouvoir décrétal depuis 1993 (elle peut adopter des décrets ayant force de loi), la VGC n'a pas de pouvoir législatif propre. Ses compétences sont déléguées par la Communauté flamande, qui conserve la tutelle. La VGC exerce ses compétences par voie de règlements, pas de décrets — une asymétrie institutionnelle fondamentale dans l'architecture bruxelloise.

Le 6 mars 2026, le Raad de la VGC a approuvé l'accord de majorité intitulé « Brussel, dat is zoveel meer » (« Bruxelles, c'est tellement plus »). L'accord s'articule autour de six piliers : accueil de la petite enfance, enseignement, culture, jeunesse, sport et bien-être. Parmi les priorités : lutte contre la pénurie d'enseignants et le décrochage scolaire, expansion des centres d'accueil familial, politique de lecture associant écoles et bibliothèques, et « offensive piscines » pour de nouveaux bassins publics. Aucun chiffre budgétaire n'a été communiqué ; la présidente du collège a annoncé un budget pluriannuel pour le printemps 2026. L'opposition (N-VA, TFA, Vlaams Belang, PVDA) a critiqué un accord jugé trop vague et dépourvu d'objectifs mesurables.

Lors de la même séance, Benjamin Dalle (CD&V) a été officiellement élu président du Raad, avec la création d'un poste de secrétaire supplémentaire pour accommoder les quatre partis néerlandophones de la majorité.

Conseil des ministres du 5 mars 2026

Le conseil des ministres du 5 mars 2026 a marqué les premières concrétisations du nouveau gouvernement :

Réforme de l'administration (arrêté en 1re lecture)

Le gouvernement a approuvé en première lecture un arrêté posant les bases de la réforme administrative. Le projet crée une administration transversale mutualisée, sous la tutelle du ministre de la Fonction publique Dirk De Smedt (Anders). L'objectif : concrétiser le passage de 25 structures à 4 piliers, en commençant par les services de support (pilier 1). Une deuxième lecture est attendue.

Dotation fédérale SIAMU triplée

La Chambre a voté le 5 mars 2026 le quasi-triplement de la dotation fédérale pour le SIAMU (Service d'Incendie et d'Aide Médicale Urgente de Bruxelles) : de 5,7 millions EUR à 15,4 millions EUR. Cette correction fait suite à un arrêt de la Cour constitutionnelle de 2022 jugeant discriminatoire l'exclusion de Bruxelles du financement fédéral des zones de secours depuis la réforme de 2015. L'enveloppe structurelle pour l'ensemble des zones de secours passe de 7,5 à 17,5 millions EUR/an. À partir du 1er janvier 2027, les dotations seront indexées annuellement.

Engagements de la DPR

La Déclaration de Politique Régionale du 13 février 2026 prévoit la restructuration la plus ambitieuse de l'histoire de l'administration bruxelloise. Le chapitre 4 détaille la fusion de 25 structures régionales en 4 piliers.

Pilier 1 : Bruxelles-Transversalité (support mutualisé)

Regroupe les services de support communs à toute la Région :

  • SPRB Ressources Humaines, Talent.Brussels
  • Finance & Budget, Connect IT, Paradigm
  • Equal.Brussels, Easy.Brussels
  • Régie foncière, IBSA (statistiques)
  • Bruxelles Fiscalité (y compris LEZ, ANPR, taxe kilométrique)

Pilier 2 : SPRB Missions organiques

Regroupe les administrations métier :

  • Bruxelles-International, Bruxelles-Mobilité
  • Bruxelles-Économie, Bruxelles-Emploi (avec Actiris ?)
  • Bruxelles-Pouvoirs locaux, Bruxelles-Logement (avec Homegrade)
  • Bruxelles-Environnement (hors parcs), Bruxelles-Urbanisme (fusion perspective.brussels + urban.brussels)
  • Safe.Brussels

Pilier 3 : infrastructure.brussels (nouvelle SA de droit public)

Nouvelle société autonome regroupant :

  • Build/Maintain/DITP de Bruxelles-Mobilité
  • Infrastructures du Port
  • Parcs et espaces verts (transférés de Bruxelles-Environnement)

Échéance : 2027

Pilier 4 : Coordination foncière

Coordonne les acteurs fonciers régionaux :

  • Régie foncière, SAU, citydev
  • SLRB, Port de Bruxelles (concessions), Fonds du logement

Calendrier

  • 2026 : Piliers 1 & 2 opérationnels (priorité)
  • 2027 : Pilier 3 (infrastructure.brussels)
  • Fusions progressives Pilier 2 : Urbanisme → International → Économie → Emploi

COCOM : douzièmes provisoires prolongés

Le collège de la COCOM a décidé le 26 février 2026 de prolonger les douzièmes provisoires jusqu'au 1er juin 2026. Le budget régional 2026 a été déposé au Parlement le 6 mars 2026 ; le budget COCOM suivra le 20 avril 2026.

Selon la note gouvernementale, 98 % du budget 2026 est déjà engagé (les allocations familiales sont garanties). Toutefois, les ASBL subventionnées restent en incertitude : les douzièmes provisoires les empêchent d'accéder à leur financement normal et de contracter des prêts-relais auprès des banques, entraînant des réductions de services et de personnel.

Parlement : Commission Égalité des Chances maintenue

Le 26 février 2026, le bureau du Parlement bruxellois a examiné une proposition de transformer la Commission permanente de l'Égalité des Chances et des Droits des Femmes en simple comité d'avis rattaché à la commission des Affaires intérieures. Ce changement aurait supprimé ses pouvoirs de contrôle législatif et budgétaire.

La proposition a provoqué des réactions au sein de la majorité :

  • Le PS (Jamal Ikazban) a exprimé sa « stupéfaction » et exigé le maintien du statut de commission permanente
  • Le MR (Loubna Azghoud) a découvert la proposition « avec surprise »
  • Ecolo (Zakia Khattabi) a revendiqué avoir empêché le passage du point

Lors du vote de confiance du 27 février 2026, la majorité a confirmé le maintien de toutes les commissions parlementaires, y compris la Commission Égalité des Chances. La proposition de suppression est abandonnée.

Complexité institutionnelle : la « lasagne belge »

La Région bruxelloise opère dans un maillage institutionnel d'une densité unique en Europe. Sur les 19 communes et les 6 niveaux de pouvoir (fédéral, régional, communautaire, COCOM/COCOF/VGC, communal), les compétences sont éclatées et enchevêtrées. Exemple souvent cité : la santé relève simultanément de 9 ministres en Belgique. Ce phénomène, qualifié de « lasagne institutionnelle », rend le pilotage de politiques intégrées particulièrement difficile à Bruxelles. La réforme des 25 structures en 4 piliers est une tentative de simplification au niveau régional, mais elle ne touche pas à l'architecture communautaire.

Gouvernance locale et administrative (DPR, chapitre 4)

La DPR contient des engagements supplémentaires sur la gouvernance locale et administrative :

  • Ruling urbanistique : introduction d'un mécanisme de décision anticipée permettant aux porteurs de projets d'obtenir un avis préalable contraignant avant le dépôt formel du permis
  • Droit à l'erreur administrative : principe protégeant les administrés d'une première erreur de bonne foi dans leurs démarches administratives
  • Commission Paritaire Locale (CPL) : instance de dialogue structuré entre la Région et les 19 communes
  • Commissions mixtes Région-communes : mécanismes de coordination thématiques pour les compétences partagées (mobilité, propreté, sécurité)
  • Tutelle renforcée : renforcement de la tutelle régionale sur les finances communales, avec des objectifs d'équilibre budgétaire

Ces engagements n'ont pas encore fait l'objet d'ordonnances ou de textes réglementaires.

Commissions délibératives

Le Parlement bruxellois a instauré un mécanisme de démocratie participative via l'article 28bis de son règlement : les commissions délibératives associent 45 citoyens tirés au sort à 15 parlementaires. Six commissions ont été menées à terme entre 2021 et 2024 (sans-abrisme, 5G, biodiversité, logement, mobilité, jeunesse). Une 7e commission sur la propreté publique a été votée en janvier 2026.

Source : Parlement bruxellois, 2021-2026.

Communes : 1,718 milliard EUR de charges reportées (mars 2026)

Le 11 mars 2026, Brulocalis (association des communes et CPAS bruxellois) et la Conférence des bourgmestres ont dénoncé un « choc financier sans précédent » pour les pouvoirs locaux bruxellois. Selon leur étude, les décisions prises par les autres niveaux de pouvoir représentent 1,718 milliard EUR de charges supplémentaires pour les communes sur la période 2025-2029, dont seulement 26,7 % seraient compensés — laissant 1,258 milliard EUR à charge des communes.

Les charges se répartissent en quatre domaines principaux :

  • Financement des zones de police — environ 500 M EUR (norme KUL, solidarité rurale, pensions police)
  • Pensions du personnel statutaire775 M EUR, dont seulement 10,5 % compensés par le fédéral
  • Réforme du chômage / CPAS558 M EUR d'afflux supplémentaire lié au transfert de charges
  • Réforme fiscale32 M EUR/an de perte de recettes communales à partir de 2029

Le président de Brulocalis, Christian Lamouline (bourgmestre de Berchem-Sainte-Agathe), a déclaré : « L'année 2025 a marqué un basculement dans la situation financière des communes bruxelloises. » Les communes demandent un cadre contraignant garantissant la neutralité budgétaire des décisions des autres niveaux de pouvoir.

Sources : La Libre, BX1, DH, Trends-Tendances, Le Vif (11 mars 2026).

Ter Kamerenbos : PV pour infractions urbanistiques (23 mars 2026)

Le 23 mars 2026, Urban.brussels a dressé un procès-verbal contre la Ville de Bruxelles pour infractions urbanistiques au Bois de la Cambre (Ter Kamerenbos) : 40 rochers remplacés par des blocs de béton sans permis, en zone protégée. La secrétaire d'État à l'Urbanisme Audrey Henry (MR) a ordonné un inventaire régional des blocs de béton dans l'espace public et demandé des alternatives esthétiques.

Une réunion entre Henry, le bourgmestre Philippe Close (PS) et les échevins concernés a abouti à un calendrier : la Ville de Bruxelles déposera un permis de régularisation avant l'été 2026. Les blocs restent en place en attendant.

L'incident a cristallisé une tension visible entre la Région (MR) et la Ville de Bruxelles (PS/Vooruit) — un des premiers accrochages intra-coalition, 37 jours après la formation du gouvernement.

Source : BRUZZ (23 mars 2026), La Libre, DH. Confiance : official (PV Urban.brussels).

Présidence MR Bruxelles : succession Leisterh (mars 2026)

Le 31 mars 2026, David Weytsman (président du CPAS de Bruxelles, ancien député régional) s'est déclaré candidat à la présidence du MR bruxellois, en remplacement de David Leisterh (démissionnaire). Géofrey Coomans de Brachène est également candidat. Le scrutin secret se tiendra du 21 au 24 avril 2026 (dépouillement le 24 avril à 14h).

Ce renouvellement interne n'affecte pas directement le gouvernement régional, mais constitue un signal sur la structuration des forces au sein du parti du ministre-président.

Source : BX1 (30-31 mars 2026). Confiance : official.

Première crise gouvernementale : LEZ et subsides (2-4 avril 2026)

Le gouvernement Dilliès a traversé sa première crise au jour 50 de son existence (2-4 avril 2026). La cause immédiate : le report unilatéral des amendes LEZ par le ministre des Finances De Smedt (Anders), sans consultation des partenaires.

Chronologie de la crise :

  • 2 avril : séance du gouvernement bloquée. Tous les points reportés. Groen (Van den Brandt) furieux de ne pas avoir été consulté. PS conditionne les subsides Groen à une exemption BIM (bénéficiaires intervention majorée = ~⅓ des Bruxellois).
  • 3 avril : réunion gouvernementale exceptionnelle convoquée. De Smedt refuse les subsides à BRAL et Inter-Environnement Bruxelles (IEB), au motif que « pas de subsides pour des organisations qui lancent des procédures contre le Gewest ». Cyclo, ARAU, Fietsersbond, Gracq, Pro Velo obtiennent leurs subsides.
  • 4 avril : accord trouvé sur la LEZ (voir carte Mobilité). Crise résolue.

Ce blocage a constitué un stress test de la capacité de médiation de la coalition à 7 partis. Le refus des subsides BRAL/IEB reste un signal politique fort sur la relation gouvernement-société civile environnementale.

Source : La Libre / BX1 / L'Avenir / DH / BRUZZ (2-4 avril 2026). Confiance : official.

Collège de Bruxelles-Ville : remaniement (mars 2026)

Le 11 mars 2026, le cabinet du bourgmestre Philippe Close a annoncé une réorganisation partielle du collège des bourgmestre et échevins de Bruxelles-Ville :

  • Khalid Zian (PS), ex-président du CPAS, revient au collège comme échevin des Travaux publics et de la Solidarité internationale. Son mandat sera partagé avec Karim Tafranti, qui lui succèdera fin 2028
  • Nawal Ben Hamou (PS) récupère la Culture (compétence jusqu'ici gérée par le bourgmestre), en plus de ses attributions existantes (Logement, Égalité des chances, Tourisme, Grands événements)

La réorganisation vise à libérer le bourgmestre pour des priorités stratégiques : fusion des zones de police, organisation hospitalière, sécurité et lutte contre le trafic de drogue.

Source : La Libre (11 mars 2026).

Palais de Justice : rénovation à plus de 600 millions EUR

Selon une question parlementaire de la députée Britt Huybrechts (VB) à la ministre Vanessa Matz (Les Engagés), le coût total de la rénovation du Palais de Justice de Bruxelles dépasse les 600 millions EUR :

  • Façade : environ 100 M EUR, achèvement prévu d'ici 2030
  • Intérieur : estimation d'environ 480 M EUR, achèvement prévu d'ici 2040
  • Dépenses déjà engagées : ~33,5 M EUR depuis 1984 (dont 28,5 M EUR en études et premiers travaux depuis 2018, et ~5 M EUR d'échafaudages depuis les années 1980)

Ce chantier fédéral reste emblématique de la complexité institutionnelle bruxelloise : le Palais de Justice relève de la compétence fédérale (Régie des Bâtiments), mais il est situé au cœur de la Région et constitue un symbole architectural majeur de la capitale.

Source : BRUZZ (10 mars 2026).

Élection présidence MR bruxellois (mars 2026)

L'appel à candidatures pour la présidence du MR bruxellois a été lancé le 20 mars 2026, avec un calendrier serré :

  • Deadline candidatures : 30 mars 2026 à minuit
  • Vote : 21-24 avril 2026
  • Dépouillement : 24 avril à 14h

David Weytsman (président du CPAS de Bruxelles-Ville) est le favori. Valentine Delwart, nommée bourgmestre d'Uccle, ne se porte pas candidate.

Cette élection intervient alors que le MR est le premier parti de la majorité régionale, avec le poste de ministre-président.

Source : BX1, Le Soir (20 mars 2026).

CD&V : partenaire de majorité sans poste ministériel (mars 2026)

Le CD&V (Benjamin Dalle, 1 siège, 5 102 voix soit 6 % des votes néerlandophones) soutient le gouvernement Dilliès sans occuper de poste ministériel — un arrangement inédit dans la politique bruxelloise, qualifié de « casse du siècle » par La Libre.

Contreparties obtenues :

  • Commissaire du gouvernement à la STIB
  • 4 administrateurs au conseil d'administration d'Actiris
  • Mandats stratégiques à la SAU et Citydev (en négociation pour la SLRB et la STIB)
  • 3 collaborateurs parlementaires, 1 agent dans le cabinet Dilliès (rang chef de cabinet), 1 dans le cabinet Hublet
  • Participation aux discussions budgétaires

Tensions VGC : la ministre flamande Cieltje Van Achter (N-VA) refuse la présence du CD&V au collège de la VGC, qualifiant le parti de « passager clandestin ». L'opposition (Ecolo, Zakia Khattabi) soulève une question constitutionnelle sur la séparation des pouvoirs.

Source : La Libre (20 mars 2026).

Fusion des zones de police : avancées fédérales (mars 2026)

La commission de l'Intérieur de la Chambre a approuvé en première lecture (4 mars 2026) le projet de loi du ministre fédéral de l'Intérieur portant sur la fusion des 6 zones de police bruxelloises en une zone unique de 6 500 agents. L'opérationnalisation est prévue entre octobre 2027 et janvier 2028.

La clé de répartition des charges entre communes suscite des tensions : elle repose sur la norme KUL (60 %) et les revenus communaux de 1999 (40 %). Ce mécanisme désavantage les petites communes à faibles revenus : Etterbeek (3,5 %), Berchem-Sainte-Agathe (1,4 %), Jette (3 %), Ganshoren (1,6 %) — tandis que Bruxelles-Ville (21 %), Schaerbeek (16 %) et Anderlecht (15 %) portent l'essentiel de la charge.

Un mécanisme de sonnette d'alarme a été intégré dans la loi, permettant au gouverneur de Bruxelles d'intervenir en cas de déséquilibre financier manifeste.

Le financement fédéral s'élève à 65 millions EUR. La deuxième lecture en commission est attendue.

Note : cette réforme relève de la compétence fédérale. Son impact sur les finances communales bruxelloises est détaillé dans la section Brulocalis (1,718 milliard EUR de charges, dont ~500M pour la police).

Sources : RTBF (4 mars 2026), DH (18 mars 2026).

Première tension interne : Bois de la Cambre (23 mars 2026)

Au jour 37 du gouvernement Dilliès, un premier conflit ouvert est apparu entre partenaires de coalition. Le service régional urban.brussels a dressé un procès-verbal contre la Ville de Bruxelles pour des blocs de béton posés sans permis au Bois de la Cambre (zone classée). La secrétaire d'État Audrey Henry (MR) et le ministre-président Boris Dilliès (MR) ont publiquement critiqué l'échevine Anaïs Maes (Vooruit).

Ce différend illustre la difficulté de gouverner avec 7 partis répartis entre le niveau régional et le niveau communal, où les mêmes formations politiques peuvent s'opposer selon le niveau de pouvoir.

Sources : L'Avenir, DH (23 mars 2026).

Budget régional 2026 : approuvé en commission (23 mars 2026)

La commission des Finances du Parlement bruxellois a approuvé le budget régional 2026 le 23 mars 2026. Le déficit prévu s'élève à 957 millions EUR, soit un montant maintenu sous le milliard — conformément à l'engagement pris dans la DPR.

Ce vote constitue un jalon institutionnel majeur : c'est le premier budget complet adopté par la Région après 613 jours de crise et de douzièmes provisoires. Le vote en séance plénière est prévu avant le 1er avril 2026.

Groen : nouvelle présidence (21 mars 2026)

Aimen Horch (30 ans, Vilvoorde), élu pour un premier mandat au Parlement flamand, a remporté la présidence de Groen le 21 mars 2026 avec 51,1 % des voix au premier tour. Sa running-mate, Lien Arits (Bruxelles), est devenue vice-présidente du parti.

Groen fait partie de la majorité régionale bruxelloise, avec Elke Van den Brandt comme membre du gouvernement et présidente du collège de la VGC. Ce renouvellement générationnel de la direction du parti pourrait influencer le positionnement de Groen sur les enjeux bruxellois.

Deuxième tension interne : LEZ et exceptions sociales (26-27 mars 2026)

Au jour 43 du gouvernement, une deuxième fracture politique apparaît — cette fois sur un enjeu de fond. La question des exceptions sociales à la LEZ pour les bénéficiaires du statut BIM (30 % des Bruxellois) divise la coalition :

  • PS et Vooruit : demandent l'exemption totale des détenteurs du BIM
  • Groen : bloque l'exemption, estimant qu'elle viderait la LEZ de sa substance et créerait un risque juridique (principe constitutionnel de standstill)
  • MR : tente de maintenir la cohésion

Une source gouvernementale déclare : « On navigue sur un champ de mines… on sait qu'on aura des procès. » Ce conflit est plus profond que celui du Bois de la Cambre (jour 37) : il touche à l'identité environnementale de Groen et à la promesse sociale du PS/Vooruit.

Aucun accord n'est finalisé. Les amendes de 350 EUR s'appliquent techniquement dès le 1er avril 2026. Un cadre réformé est visé pour janvier 2027.

Sources : La Libre, La DH (26 mars 2026).

Bruxelles « Capitale européenne de la démocratie 2027 » (avril 2026)

Le 7 avril 2026, la Ville de Bruxelles a été désignée « Capitale européenne de la démocratie » pour l'année 2027 à l'issue d'un vote réunissant plus de 5 500 citoyens issus des 46 États membres du Conseil de l'Europe et du Kosovo. Le titre est porté par une initiative indépendante (European Capital of Democracy) qui vise à valoriser les villes développant des formes innovantes de participation et d'engagement citoyen.

La candidature a été déposée sous le slogan « Brussels must be DemoCrazy », en réponse à ce que la Ville décrit comme un recul démocratique mondial. Un jury d'experts s'est rendu à Bruxelles le 20 janvier 2026 pour évaluer les initiatives de démocratie locale dans plusieurs quartiers avant le vote citoyen européen.

Périmètre : le titre est porté par la Ville de Bruxelles (niveau communal), pas par la Région de Bruxelles-Capitale. Durée : un an (2027). La Ville accueillera « de nombreux projets, débats et événements consacrés à la participation citoyenne, au dialogue et à l'innovation démocratique ». Bruxelles rejoint Barcelone, Vienne et Cascais, précédents titulaires.

Sources : L'Avenir / Belga (8 avril 2026) ; site officiel European Capital of Democracy.

Sources et méthodologie

Les engagements documentés ci-dessus proviennent du texte officiel de la DPR (chapitre 4) et des sources de presse concordantes ayant couvert l'accord de gouvernement du 12 février 2026.

Contexte hérité (juin 2024 – février 2026)

Pas de contenu hérité significatif — ce domaine concerne principalement les réformes institutionnelles en cours.

Lire le contexte complet

Ce que ça signifie concrètement

Le nouveau gouvernement prévoit de fusionner 25 structures en 4 piliers, réduisant les coûts de 20 à 30 %. Les piliers 1 et 2 doivent être opérationnels en 2026, mais certaines fusions nécessitent des majorités spéciales au Parlement.

Ce que BGM ne dit pas

Cette fiche ne dit pas que la simplification institutionnelle se fera sans difficulté — elle documente les engagements de rationalisation inscrits dans la DPR. Ces réformes nécessitent des accords politiques complexes et des majorités spéciales au Parlement.

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